Face à l’indifférence de leur direction générale, trois semaines après le lancement de leur mouvement d’humeur, les employés d’Azur Gabon ont durci le ton en suspendant le service minimum. Si l’employeur leur doit sept mois de salaire, les agents ont exigé le paiement d’au moins deux mois pour ouvrir les négociations.

Les agents d’Azur Gabon réclament sept mois de salaires. © Gabonreview

 

En grève depuis le 27 octobre, les agents d’Azur Gabon ont interrompu le service minimum face à l’indifférence de leur direction générale. Ils réclament le paiement de sept mois d’arriérés de salaire. Nommé par le groupe Usan il y a plus de neuf mois, le nouvel administrateur directeur général avait pour mission de redynamiser la société, plombée par la mauvaise gestion de son prédécesseur.

Dans ce contexte de crise, Vane Kruger et les délégués du personnel avaient convenu d’un mode gestion dit 50-50. En d’autres termes, une moitié des bénéfices de l’opérateur de téléphonie mobile servirait à assurer la maintenance du signal. L’autre moitié devant être affectée au paiement des arriérés de salaires.

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«Nous nous sommes rendus comptes que les fonds étaient seulement destinées à la maintenance du signal, au détriment des salaires. Lors du dépôt de notre préavis de grève, nous avons menés des investigations poussées. Et nous nous sommes rendus compte qu’il y a avait de fortes sommes d’argent dont la traçabilité était douteuse», a confié un délégué du personnel.

«Le mode de gestion 50-50 n’a pas fonctionné. Une question simple a été posée à la direction générale devant les inspecteurs du travail : sur les sept mois de salaire dus aux employés, combien la direction générale peut-elle payer ? Aucune réponse ne nous a été donnée», a déploré le délégué du personnel ayant requis l’anonymat.

Mais par-dessus tout, les agents déplorent l’indifférence de leur directeur général. «Nous avons déposé le préavis de grève il y a trois semaines. Or, l’administrateur directeur général n’est jamais entré en contact avec le personnel, aucune négociation n’a été engagée. Contrairement au ministère du Travail nous ayant contacté cinq jours après le dépôt du préavis de grève», s’est indigné un employé d’Azur Gabon.

Contre toute entente, les représentants du personnel ont été conviés par leur directeur général, le 7 novembre à Libreville, à une réunion de travail à l’inspection du travail. «L’administrateur directeur général voyage demain (le 8 novembre, ndlr) et ce n’est qu’aujourd’hui qu’il s’est dit disposer à nous rencontrer. Après il ne sera plus disponible. C’est clairement du mépris à notre égard», s’est indigné le délégué du personnel.

S’appuyant sur l’expérience ratée du mode de gestion 50 – 50, les employés ont été fermes. Peu importe les propositions qui découleraient de cette énième concertation, un seul préalable ferait fléchir leur position. «Nous exigeons le paiement d’au moins deux mois et demi de salaire. Sans ça, pas de discussions possibles», ont conclu les agents d’Azur Gabon.

Une situation contrastant avec les propos tenus par le directeur technique d’Azur Gabon, peu avant le début de la grève. A l’issue d’une réunion avec le ministre de l’Economie numérique, le 25 octobre à Libreville, Rodrigue Okouyi avait affirmé que la société enregistrait une embellie considérable. Des propos nuancés par le concerné trois semaines plus tard.

«J’avais exactement dit ceci : le réseau Azur Gabon se porte très bien et continuera d’offrir la qualité de service qui lui est reconnue (…) Oui le réseau Azur se porte très bien, par contre l’entreprise Azur qui exploite le réseau Azur a des difficultés», s’est défendu Rodrigue Okouyi.