Telle une pique lancée à l’endroit de son compagnon de la présidentielle d’août 2016, le président de Démocratie nouvelle a dit toujours attendre la suite du dialogue de Jean Ping organisé en décembre dernier. Pour René Ndemezo’o Obiang, seul les assises appelées par le pouvoir ont la possibilité d’aboutir à des faits concrets.

René Ndemzo’o Obiang, le 4 février 2017. © Gabonreview

 

Un mois après la tenue du Dialogue national pour l’alternance (DNPA) organisé à Libreville par Jean Ping et ses soutiens, aucune avancée réelle n’a été observée, a semblé se moquer René Ndemezo’o Obiang, le 4 février, à l’occasion de la présentation des vœux de nouvel an de son parti, Démocratie nouvelle (DN). Directeur de campagne de l’ancien président de la commission de l’Union africaine lors de la présidentielle d’août 2016, pour lui «depuis le 23 septembre 2016, l’élection présidentielle est bel et bien terminée». Aussi, exhortant implicitement son ancien compagnon à accepter comme lui de prendre part au dialogue politique appelé par Ali Bongo, il a tenu à rappeler aux opposants ayant exprimé leur refus de participer à ces assises qu’«il y a un temps pour tout : Un temps pour la guerre, un temps pour la paix, comme il y a un temps pour les élections et un temps pour les négociations». D’autant que les initiatives solitaires, selon lui, n’aboutissent à rien de véritablement bénéfique pour le pays.

«Le dialogue suppose que, dans un conflit politique, des antagonistes se retrouvent face à face autour d’une même table. Mais si je réunis mes partisans et que je qualifie ça de dialogue, c’est très bien si je veux me donner bonne conscience. Mais pour influer sur la situation politique réelle, ceci n’a absolument aucune incidence», a estimé le président de DN, prenant exemple sur le DNPA de Jean Ping et les siens. René Ndemzo’o Obiang a par ailleurs dit attendre que soit fait «un point sur le niveau d’application des résolutions» issues dudit dialogue. Histoire de voir son organisation a été utile.

S’agissant de la perception faite par certains de sa future participation au dialogue du président de la République, notamment que son parti et lui cherchent à légitimer le pouvoir en place, la réponse de René Ndemzo’oObiang à cette accusation s’est voulue plutôt concise et sèche : «le pouvoir en place n’a pas eu besoin de nous pour s’établir, tout comme il n’a pas besoin de nous pour chercher une quelconque légitimité». Toutefois, allant au dialogue organisé par le même pouvoir, DN a rappelé ses trois principales conditions : la décrispation du climat politique par la libération et l’arrêt des intimidations à l’endroit des activistes et autres opposants au pouvoir, la promesse écrite du gouvernement et des participants au dialogue que les résolutions prises seront applicables dans les faits, et la mise en place avant le début des concertations d’une commission devant réfléchir sur les questions sur lesquelles les échanges porteront et le format de ceux-ci.