Le secrétaire exécutif de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), Lee White, a exposé, le 2 août 2017 à Libreville, dans le cadre des activités de l’association Imagine-Gabon Think-Tank, sur les enjeux que revêtent les 20 aires marines protégées récemment créées au Gabon.

Lee White et le président d’Imagine-Gabon, Emmanuel Léandre Bouloubou, à l’occasion du Café-Imagine du 2 août 2017. © Gabonreview

 

«Création de 20 aires marines protégées : quels enjeux pour le Gabon ?», telle est la thématique abordée ce début de mois d’août par Imagine-Gabon, dans le cadre de ses rencontres thématiques de réflexion sur les politiques publiques, dénommées «Café-Imagine». Une occasion pour le professeur Lee White d’expliquer le bien-fondé de la création de ces espaces et ce qu’elles apportent comme valeur ajoutée au pays. Sur la base des photographies, Lee White a présenté ces aires marines protégées, partant des activités de pêche illégale préjudiciables à l’écosystème marin global, à leur impact sur la vie des populations avant d’exposer sur les enjeux de cette initiative de l’Etat gabonais. «Petit à petit, le Gabon gagne du respect pour la réussite de la protection de son espace maritime», a déclaré le Secrétaire exécutif de l’ANPN.

Le Pr. Lee White posant avec le directoire d’Imagine-Gabon. © Gabonreview

Dans cet exposé fait devant un parterre d’invités dont des parlementaires, des membres de l’Union européenne (UE), des étudiants, ainsi que des membres d’associations diverses et de la direction générale de la pêche, Lee White a expliqué que les «réserves aquatiques sont des aires délimitées à des fins d’aménagement dans lesquelles les ressources halieutiques font l’objet d’une protection particulière», tandis que «les parcs marins sont des espaces du domaine marin public classés pour nécessité de protection, de conservation, de propagation des espèces animales ou végétales et d’aménagement de leurs habitats».

«Les parcs marins et les réserves aquatiques ainsi crées visent à réhabiliter les stocks de poisson fortement réduits, d’augmenter la production durable des ressources halieutiques disponibles et de protéger les milieux marins importants», a-t-il expliqué, ajoutant qu’«ils permettent également au Gabon d’accroitre son leadership en matière environnementale en Afrique et dans le monde en respectant ses engagements internationaux».

Ce sont au total 9 parcs marins pour la conservation des ressources halieutiques, la protection des zones de reproduction et frayères et les zones de croissance et d’alimentation. Ce réseau des parcs est couplé de 11 réserves aquatiques pour l’aménagement des pêcheries et la sécurité alimentaire, avec des zones de gestion de pêche et des plans d’aménagement pour la productivité durable de la pêche.

Selon Lee White, l’aménagement des eaux marines à travers le découpage de l’espace maritime en zone de pêche ou de protection a pour objectif d’aboutir à une pêche durable, à la sécurité alimentaire, ainsi qu’à la limitation des conflits multi-usagers et la conservation des ressources naturelles.

En prenant le cas de l’île Mbanié et Caillou, entre autres exemples, leur protection pour le pays se justifie à la lumière de «leurs écosystèmes unique au Gabon», des «aire d’alimentation et de nidification pour les espèces protégées au niveau national et international : tortue verte, tortue imbriquée, des espèces globalement en danger critique».

Par ailleurs, ces zones sont dotées d’une riche biodiversité, avec des zones de fraie très importantes des poissons, oiseaux marins, mollusques, crustacés, éponges, coraux, herbiers marins, algues, etc. Ces sites disposent également d’un excellent potentiel touristique. La protection de ces aires protégées permettra également de mieux protéger des canyons, des mangroves, des infrastructures pétrolières et des embouchures des rivières.