Moins de deux ans après son lancement dans cette province au centre-ouest du pays, ce programme agricole va donner ses premières retombées, avec les récoltes annoncées de  12 000 tonnes de tubercules de manioc, 4000 tonnes de banane plantain et 73 tonnes de piment.

Immortalisation de la première récolte de tubercules de manioc du programme Graine dans l’Ogooué-Ivindo, le 7 février à Makokou. © DCP

 

Lancé en mars 2015 dans la province de l’Ogooué-Ivindo, la Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (Graine) a lancé sa première campagne de récolte de manioc, le 7 janvier dernier à Makokou. A cette occasion, le chef de l’Etat en personne a effectué le déplacement en terre ogivine. Moins de deux ans après avoir invité́ les habitants de la région à faire face à «une responsabilité de réussite individuelle et collective», Ali Bongo s’est  réjoui de voir des femmes et des hommes fiers du fruit de leur labeur.

En effet, les chiffres sont éloquents : plus de 70 ha de manioc plantés, pour environ 5 000 inscrits au programme, une centaine de coopératives agréées et une quinzaine de titres fonciers délivrés. «Nos terres constituent des viviers d’emplois et de richesses inestimables. Dans le respect de notre environnement, nous en tirerons le meilleur pour consolider notre agriculture et assurer l’indépendance alimentaire de notre pays», a déclaré le chef de l’Etat.

Dans le cadre de cette première campagne qui débute dans l’Ogooué-Ivindo, avant de se poursuivre dans les autres provinces, 12000 tonnes de tubercules de manioc, 4000 tonnes de banane plantain et 73 tonnes de piment doivent être récoltées. Toutefois, ces chiffrent prometteurs ne doivent nullement occulter les durs conditions de travail des agriculteurs engagés dans le programmes Graine.

En effet, le ministre de l’Agriculture a dit avoir procédé au bilan à mi-parcours de ce programme agricole. «Cette évaluation a permis de relever des écueils, des contraintes et des difficultés parmi lesquels : l’accès difficile à certaines localités enclavées ; l’hostilité du relief dans certaines régions pour le choix des sites à aménager ; le déficit de pluviométrie à certains endroits ; le récurrent conflit homme-faune dont le programme Graine commence à subir dans l’Ogooué-Ivindo, notamment, des ravages de la part des éléphants», a souligné Yves-Fernand Manfoumbi.

«Malgré ces difficultés qui suscitent des inquiétudes légitimes et quelques retards ayant donné une impression mitigée dans certaines localités, le programme Graine est entré dans sa phase de consolidation. Dans toutes les provinces de notre pays, l’adhésion des populations est sans équivoque», a rassuré le ministre de l’Agriculture.

Six provinces sont déjà̀ couvertes par ce programme agricole comptabilisant près de 870 coopératives, soit environ 17 800 adhérents. Au total, près de 2800 hectares de terrain ont été́ préparés pour les cultures vivrières et 1200 hectares plantes. Quant aux cultures de rente, 4800 hectares ont été aménages pour le palmier à huile dans la zone de Ndendé (Ngounié) dont 3000 hectares plantés. Levier de diversification de l’économie et moteur de croissance, l’agriculture est présentée, par le gouvernement, comme un gisement d’emplois pour les générations futures.