Fermé en décembre 2017 à la suite de l’agression, au couteau et au cri Allah ackbar, de deux journalistes Danois, le village artisanal de Libreville, marché d’objets d’art et d’artisanat, a rouvert ses portes tout en changeant de nom. Quid de l’enquête sur la radicalisation plausible de quelques musulmans vivant au Gabon ?  

Les murs repeints du village artisanal de l’avenue du Colonel Parant, à Libreville. © Gabonreview

 

Épicentre du commerce d’objets d’art à Libreville, le Village artisanal de l’avenue du Colonel Parant a été fermé, en décembre 2017, quelques jours après l’attaque de deux journalistes Danois de la chaine de télévision National Geographic, par un ressortissant Nigérien de 53 ans. La plupart de  marchands d’art, de souvenirs et bibelots exerçant en ce lieu avaient d’ailleurs également été arrêtés, «pour nécessité d’enquête». Depuis une vingtaine de jours, ce petit marché est de nouveau ouvert au public.

Le village artisanal de l’avenue du Colonel Parant, ce 9 avril. © Gabonreview

Le 16 décembre 2017, en effet, armé d’un couteau et criant Allah ackbar, selon la version officielle, Harouna Adamou, le fameux Nigérien, avait foncé sur les deux journalistes qu’il a poignardés. Nombreux ont pourtant mis en doute cette version, indiquant que l’agresseur avait sorti son arme blanche après une dispute avec les deux journalistes, arrogants du fait qu’ils étaient alors sous la protection de la Présidence de la République, par l’entremise de Lee White, secrétaire exécutif de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) du Gabon, sous tutelle de la Présidence de la République.

Si ce village artisanal a rouvert ses portes, les pouvoirs publics, prompts à communiquer abondamment après l’agression des deux Danois, ont observé un motus quant à la suite de l’enquête et ses conclusions. On n’a jamais rien su quant à la nature et la gravité des blessures infligées aux victimes ; rien quant à leur retour dans leur pays de résidence ; rien quant à la sanction pénale infligée à l’agresseur. L’enquête portait notamment sur la plausibilité d’une radicalisation de quelques musulmans vivant au Gabon ou de l’existence d’une organisation djihadiste dans le pays. Là également, rien n’a jamais été indiqué.

Dénommé simplement Village artisanal auparavant, l’espace commercial revendique désormais le patronyme de son promoteur Biram Diouf, qui n’est pas sans rappeler celui d’un footballeur sénégalais évoluant en Angleterre : Mame Biram Diouf.