Les membres du Front uni des jeunes de l’opposition (Fujo) ont condamné le fait que des collaborateurs d’Ali Bongo aient été pris à partie par des Gabonais se réclamant de l’opposition à New York.

Des membres du Fujo, le 7 juin à Libreville. © Gabonreview

 

Ils n’ont pas apprécié que des collaborateurs du président de la République aient été pris à partie le week-end dernier dans les rues de New York. Les membres du Fujo ont tenu à exprimer leur mécontentement, mercredi 7 juin, à la faveur d’une sortie à Libreville. La plateforme créée par d’anciens jeunes soutiens de Jean Ping, à la présidentielle d’août 2016, a regretté «des agissements (devenus) systématiques» ces derniers mois, qui n’honorent pas forcément leurs auteurs, y compris pour les «résistants» de la diaspora.

«Même si nous comprenons les frustrations de nos frères de la diaspora, rien ne saurait justifier pareille attitude à l’endroit de la première institution de notre pays. La construction d’un Gabon nouveau auquel nous aspirons exige des renoncements, des concessions, l’échange et le dialogue», a exhorté le Fujo, rappelant que sa participation à la phase citoyenne des assises d’Angondjé visait un but précis : «proposer des solutions pour une sortie de crise dans l’intérêt de la sauvegarde de la paix et de l’unité nationale». Or, selon la jeune plateforme politique, les agissements de certains Gabonais de la diaspora sont loin de donner ses chances à cette sortie de crise. «Notre combat pour la démocratisation de nos institutions ne doit pas nous pousser à la faute ni à ériger la violence verbale ou physique comme armes de lutte», a mis en garde le porte-parole du Fujo, tout en invitant les «résistants» de la diaspora «à descendre au pays, pour mener (leur) combat sur place, en face à face avec le système».

S’ils doutent que la prise à partie des membres de la délégation du président de la République ait été bénéfique pour leurs auteurs, les membres du Fujo ont tenu à rappeler aux Gabonais de New York, en particulier, que, «pour notre pays le Gabon, personne n’a le monopole du patriotisme, encore moins celui de la violence». Pour le Fujo, «le pays, et sa diaspora avec, gagneraient à aller vers l’apaisement, qui ne signifie pas le renoncement à nos valeur, à nos convictions politiques».

C’est le dimanche 4 juin que des membres de la délégation gabonaise devant prendre part à la Conférence de haut niveau des Nations unies sur les océans, ont été pris à partie par des individus se réclamant de l’opposition gabonaise, devant l’hôtel newyorkais The Peninsula. Parmi eux, la ministre de l’Economie forestière Estelle Ondo, le secrétaire général de la présidence de la République Guy Rossatanga-Rignault et le directeur de cabinet du président de la République Martin Boguikouma. Le dernier a déposé plainte pour agression, le 6 juin, contre certains manifestants à l’instar de Serge Alain Obame, Franck Jocktane, Ndossy, John Mikouma.