L’affaire Guido Santullo, du nom de l’homme d’affaire Italo-franco-guinéen en bisbille avec l’Etat gabonais, n’a pas fini de livrer ses secrets et ses révélations. Le 14 juillet 2017, le tour est revenu au Groupe Foberd-Gabon d’être extirpé de l’obscurité de cette affaire à tiroirs.

 

Le showroom de Foberd-Gabon à la Zone industrielle d’Oloumi (Libreville). © Gabonreview

 

«Foberd-Gabon dans l’œil de cyclone», lit-on en manchette de L’Union ce 14 juillet 2017. Le quotidien livre ainsi des éléments nouveaux du feuilleton judiciaire opposant Guido Santullo, PDG de Sericom-Gabon, à l’Etat gabonais. Alors qu’il y a quelques jours, à travers l’hebdomadaire gabonais La Loupe, l’Italo-franco-guinéen lançait des menaces à Ali Bongo en vue du recouvrement d’une dette de 360 milliards de francs CFA, voilà que de nouvelles révélations viennent s’ajouter à la longue liste des délits pour lesquels il est indexé au Gabon.

Ainsi, le groupe Foberd-Gabon, implanté dans plusieurs secteurs au Gabon, notamment la commercialisation des matériaux de construction, est accusé de contrebande et de vente illégale de ciment à Sericom-Gabon.  Ce qui a conduit à la garde à vue Mesmin Sigha, le directeur général de Foberd-Gabon. Il lui est reproché d’avoir permis l’entrée illégale de 20.000 tonnes de ciment sur le territoire gabonais. Un stock évalué à 2 milliards de francs CFA.

Selon le quotidien L’Union, Guido Santullo «s’est servi comme pour le blanchiment d’argent ayant conduit le directeur général de la micro-finance Epargne et Développement du Gabon (EDG), Jean-Claude Kenmeugni, d’une couverture, Foberd-Gabon…». Le journal souligne qu’officiellement, ce ciment importé devrait servir pour les travaux du pont sur la Banio (Mayumba) et de la route Tchibanga Mayumba. Or, notent nos confrères, au moment de cette importation, ces deux chantiers étaient déjà achevés.

Des perquisitions au siège social et au dépôt de Foberd-Gabon à Libreville ont révélé l’existence d’une filière ayant facilité le processus «depuis l’arrivée du bateau au port jusqu’à la vente, en passant par le stockage». Plusieurs personnes, allant des transitaires aux démarcheurs, sont d’ailleurs citées dans cette affaire.

Dans ce contexte, des questions subsistent. Que s’est-il réellement passé ? Foberd-Gabon et le Groupe Sericom-Gabon auraient-ils un accord de stockage et de commercialisation de marchandises ? Le Groupe Sericom-Gabon s’est-il simplement servi de Foberd-Gabon pour ses activités ? Quelles sont les implications de l’administration publique dans cette affaire puisque les marchandises semblent avoir suivi le trajet légal ? L’enquête pourra-t-elle y répondre ?