Excédés par son mutisme et son refus de discuter directement avec les partenaires sociaux, les membres du Bloc syndical de la première seconde doutent de la volonté du Premier ministre d’apaiser le climat social, tout comme ils doutent de ses compétences en matière de modernisation de l’administration publique.

Pierre Mintsa, le 28 février 2018, faisant le point après ses échanges au cabinet militaire du Premier ministre. © Gabonreview

 

Des banderoles à l’entrée de la Primature. © Gabonreview

Ayant érigé son piquet de grève depuis le mardi 27 février devant la Primature, le Bloc syndical de la première seconde vise deux objectifs : remercier le président de la République d’avoir décidé du paiement de la dette intérieure et s’insurger contre certaines mesures visant les agents publics, prises lors du Conseil des ministres du 23 février. «Ces mesures, notamment celles visant la situation des agents de la main-d’œuvre non permanente, des contractuels de nationalité gabonaise, la rémunération au mérite telle que proposée par le ministre du Budget et la suppression de l’indemnisation pour service rendu, sont de nature à perturber l’ordre public», prévient, ce mercredi 28 février, Pierre Mintsa.

Pour le secrétaire général du Syndicat autonome des personnels des Affaires sociales (Sapas), le gouvernement tente d’«étrangler l’agent public». Le membre du Bloc syndical de la 1ère seconde et ses camarades ne voient qu’un seul responsable : Emmanuel Issoze Ngondet. «Depuis que le Premier ministre actuel est là, dit-il, il n’a jamais rien fait de bon pour l’administration publique. Celui que nous voyons sur le terrain, lorsqu’il y a des manifestations, c’est le directeur de cabinet du président de la République (Brice Laccruche Alihanga, ndlr). Lui, est toujours absent».

Depuis deux ans, le chef du gouvernement, regrettent les syndicalistes, n’a jamais souhaité discuter directement avec eux. «Le 8 janvier dernier, un préavis de grève avait été déposé par le Bloc syndical. De cette date à aujourd’hui, il n’a jamais pris le temps de regarder ce (document). Et ce n’est pas le seul qui lui a été adressé, d’autant que d’autres syndicats ont fait de même. Seul le Premier ministre sait, lui-même, ce qui l’intéresse véritablement», a déclaré, excédé, Pierre Mintsa.

Ce mercredi 28 février, les syndicalistes ont échangé avec le directeur du cabinet militaire du Premier ministre. Toutefois, le Bloc conduit par Aminata Ondo et Pierre Mintsa n’entend lever son piquet de grève que lorsqu’il aura l’assurance d’une rencontre avec Emmanuel Issoze Ngondet.

«Qu’il nous reçoive ou qu’il s’y refuse, prévient Pierre Mintsa, ce qui est certain, c’est qu’il est sur un fauteuil éjectable. Or, la logique aurait voulu qu’il se saisisse des dossiers lorsque (des manifestations) se préparent dans les différentes administrations, en tant que chef de l’administration gabonaise, pour montrer ses compétences. Mais jusqu’à ce jour, nous n’avons jamais vu ses compétences, comme nous avons vu celles de Paul Biyoghe Mba, Raymond Ndong Sima et celles de Daniel Ona Ondo (ses prédécesseurs).»

S’agissant des mesures gouvernementales touchant les agents publics, annoncées le 23 février, le Bloc syndical de la 1ère seconde exhorte les autorités à mettre en place une commission tripartite de négociation (gouvernement, patronat et partenaires sociaux).