Soupçonnés de corruption d’agents publics étrangers et de gestion déloyale, Yi Zhang, le directeur exécutif, et Guus Klusener, le directeur juridique d’Addax Petroleum, font l’objet d’une enquête à Genève, en Suisse.

Les bureaux du groupe pétrolier à la route de Malagnou (Genève). © La Tribune de Genève / Laurent Guiraud

 

A la suite d’une perquisition menée, lundi 20 mars, au siège genevois d’Addax Petroleum, les autorités judiciaires suisses ont confirmé, vendredi 24 mars, l’ouverture d’une procédure pour «corruption d’agents publics étrangers, subsidiairement gestion déloyale» visant le géant chinois Sinopec. Selon La Tribune de Genève, deux responsables du groupe pétrolier sont visés : Yi Zhang, le directeur exécutif d’Addax Petroleum, et Guus Klusener, son directeur juridique. «Deux véhicules se sont arrêtés devant les bureaux du groupe pétrolier, ils sont repartis avec des sacs et des documents», rapporte le site. A travers ces documents, la justice espère prouver la culpabilité de ces deux responsables.

Yi Zhang, le directeur exécutif de Sinopec. © D.R.

En attendant, ceux-ci ont été mis sous les verrous. Guus Klusener depuis la fin du mois de février 2017 et Yi Zhang seulement depuis le 20 mars. «Les prévenus sont soupçonnés d’avoir participé à des paiements d’un montant de plusieurs dizaines de millions de dollars en faveur de tiers au Nigeria. La justice soupçonne que ces versements, qui pourraient ensuite avoir servi comme pots-de-vin destinés à des officiels nigérians, se soient déroulés dans le cadre d’un différend fiscal qui opposait Addax aux autorités du Nigeria», précise La Tribune de Genève, qui assure que l’ouverture de cette enquête fait suite à la révélation par elle, le 21 février 2017, de la fin de la relation entre Addax et Deloitte. «Le cabinet estime avoir été évincé après avoir pointé du doigt des actes douteux, des supposés pots-de-vin qui seraient liés à une filiale du groupe Chrome, un conglomérat nigérian.»

Si l’agence de presse Reuters ajoute qu’«une procédure pénale a également été ouverte contre la société», du côté d’Addax, l’avocat de Yi Zhang a déjà dit que son client «conteste vigoureusement les accusations portées contre lui».

Au Gabon, Addax Petroleum, filiale de Sinopec, a des intérêts dans trois contrats de partage de production, couvrant une combinaison de zones de licence onshore (Dinonga, Irondou et Koula / Damier) et offshore (Etam), avec six champs productifs au total. Dans le pays, la société chinoise a déjà eu maille à partir avec le gouvernement après un comptage douteux de ses barils, et la réquisition, en 2013, du gisement d’Obangue qu’elle exploitait. Depuis août 2016, Addax Petroleum Gabon est en litige avec Satram, au sujet d’une rupture abusive de contrat.