Ika Rosira se livre à la phénoménologie (entendue comme l’observation des phénomènes sur la base de l’expérience vécue) de la catégorie supérieure des «requins», un genre encore plus pernicieux de manipulateurs qui mangent ceux de leur espèce en travaillant à faire penser qu’ils sont supérieurs, demi-dieux ou dieux, alors que la durée de leur règne ne dépend que de la prise de conscience de leurs victimes.

«Face aux requins, prenons notre place dans cet océan humain, revendiquons notre liberté d’être et de réussir dans ce monde» © D.R.

 

Ils mangent de tout, les petits comme les gros poissons. Ils chassent en haute mer, comme dans les récifs et sèment la terreur partout, surtout dans les coins les plus paradisiaques du monde. Et en ce moment même, ils s’agglomèrent à l’intérieur et autour du Gabon, en asphyxiant le peuple, l’obligeant à se résoudre à ignorer même leur ignominie. De l’atlantique à l’Estuaire jusqu’aux profondeurs des terres qui s’abreuvent de l’Ogooué, on est entourés de requins.

Pour être plus clair, le règne de la terreur n’a pas commencé le 31 août 2016 au Gabon. Et pour ceux qui disent que seul Dieu aura raison d’eux, souvenez-vous que ces gens entrent dans les églises et les mosquées sans qu’elles ne prennent feu, malgré tout le sang qu’ils ont bu pour arriver et se maintenir au sommet.

Engongole, un jour, comprend qu’on part de loin. Bigbang, formation des étoiles, formation de la vie, évolution animale, domination humaine sur le règne animal, adaptation aux conditions climatiques sans compter les extinctions, les ratés. On part de loin. Nos existences sont si infimes par rapport au règne de la Terre Mère, qu’il est inconcevable qu’on les passe à transformer des humains en Dieu. Souffrir d’un narcissisme pathologique qui ne dit pas son nom, auteurs ou partisans du règne de terreur, avec pour seul mandat l’implantation de la corruption, non seulement socioéconomique mais culturelle : ça n’a pas de nom ! C’est notre ignorance qui transforme les humains comme Ali Bongo en Dieu. Attention aux perfides menteurs !

Ils vous ont fait croire qu’ils sont supérieurs à vous. Ils vous ont fait croire qu’ils sont mieux nés que vous. Juste dans le but de grignoter les parties de vos cervelles qui sont capables de distinguer le Bien du Mal et vous détourner du Mal. Discerner ce n’est même pas assez, il faut être capable d’humanité pour choisir de faire le Bien, de faire ce qui est juste en toutes circonstances.

On peut parler d’infamie, quand le peuple affamé et démuni est réduit au silence pendant que ça danse «comme Maman Audrey» dans la cour du Roi fictif des gabonais. On peut parler d’ignominie, quand ceux qui enseignent à nos enfants comment garantir leur avenir dans ce monde sans pitié, sont privés de leurs droits les plus élémentaires et obligés de quêter pour pouvoir offrir un peu de décence à leurs propres enfants. On peut parler d’avilissement, quand les enfants nouveau-nés et les mères qui viennent à peine d’accoucher se retrouvent par terre à l’extérieur d’une maternité, par manque de lits dans le principal centre hospitalier de Libreville. On peut parler de déchéance, quand on tire sur des enfants, quand on les blesse, parce qu’ils revendiquent le droit d’aller à l’école. On peut tellement parler de dictature au Gabon, de privations d’eau, d’électricité, d’Internet ou encore du racket des policiers sur les transporteurs mais aussi de ceux qui croupissent en prison comme Landry, Bertrand et consort… pour avoir exprimé des opinions contraires à celles des requins.

Le règne de la mendicité a commencé depuis tellement longtemps qu’on a oublié les familles soudées, le confort de la vie en communauté, l’arbre à palabres pour les conflits ou le Mbandja. «Oui mais, les pauvres ça a toujours existé ! Oui, mais les esclaves ont toujours existé ! Rogombé Mpolo a bien été enterré avec des centaines de crânes sans doute pour que ses esclaves aillent le servir dans l’au-delà». L’histoire de ce Roi Orungu ne nous oblige pas à penser que tous les Rois de nos peuples étaient aussi sanguinaires, ni à accepter qu’on entasse nos enfants et nos frères dans des fosses communes, dis donc !

Les requins sont des êtres isolés dans l’Histoire du monde. Ils parviennent à transformer des humains en esclaves, bien que totalement insignifiants si on compare leurs règnes à la durée de leur vie et la durée de leur vie à l’existence du monde. Le monde leur survit, ils ne sont pas, malgré toutes leurs infamies, éternels. Ils ne font que salir l’histoire de l’humanité. Ils ne sont que des taches obscures sur les pages de l’évolution. Les élever au rang de SUPÉRIEURS, de DEMI-DIEUX et de DIEUX sur terre est un non-sens. Au finish, ils pourriront tous comme nous sur terre, ils se transformeront en poussière, ils retourneront nourrir Gaia. Les générations à venir ne parleront pas de leurs gribouillages sur le plan SUPRÊME de l’évolution continue et inaltérable.

En bref, il faut qu’on cesse de croire en leur supériorité, les plus nombreux c’est nous, les petits poissons. Face aux requins, prenons notre place dans cet océan humain, revendiquons notre liberté d’être et de réussir dans ce monde sans avoir «à baisser notre froc», sans avoir «à écarter nos cuisses», sans avoir «à nous incliner» devant qui que ce soit, devant quoi que ce soit pour obtenir ce qui nous est légitime.

Nous ne sommes pas des êtres inférieurs. Nous sommes constitués de la même matière, de la même manière. Le problème avec les opportunistes, corrompus jusqu’à la moelle, narcissiques et manipulateurs, c’est qu’ils sont prêts à tous les sacrifices pour arriver au sommet d’une pyramide qui n’existe que dans nos têtes.

Il faut les comparer aux hommes violents qui tabassent leurs femmes, les avilissent, les trompent, les traitent comme des moins que rien, les persuadent que dehors ça ne sera pas mieux, que vivre sans eux n’est pas une option, qu’ils sont les maîtres de la vie de leurs femmes et que c’est le destin de celles-ci de s’incliner à tout jamais devant leurs quatre volontés. Ces hommes foncièrement mauvais, profondément malades, ne sont tellement pas à la hauteur de leur femme, qu’ils sont obligés de s’asseoir sur la tête pour les forcer à ramasser les miettes sous leur propre table.

On doit leur montrer que leur règne est tout simplement révolu. La révolution est en marche, parce que le destin du monde est d’évoluer. Qu’ils ne font que retarder l’inaliénable. Et que notre peuple ne sera pas une femme battue.