Parce qu’il voulait multiplier l’argent retiré des caisses du Trésor public et destiné à payer la main d’œuvre non permanente du Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), le chef-comptable de cette établissement devra désormais s’expliquer avec la justice.

Fayman en attente de clients - © leshaines 123 via Flickr CC

Cette affaire de détournement est mise au goût du jour par le quotidien qui cite des sources judiciaires. Le chef-comptable, Anicet Yolla Wada, âgé de 43 ans, serait le responsable le détournement de ce fonds. Il aurait retiré l’argent destiné à la main d’œuvre non-permanente de l’hôpital et «confié les fonds à un groupe de “feymen*“, qui se serait ensuite évanouis dans la nature».

C’est suite une plainte déposée par le directeur général du CHUL, le Dr Epigat Apinda, à la direction générale des recherches (DGR) que le gestionnaire a été interpellé et placé en garde à vue. Il a été présenté jeudi dernier devant le parquet de Libreville. Ensuite, rapporte le journal, il a été placé en détention préventive en attendant son jugement.

Sa famille qui a appris entre temps son arrestation aurait tout fait pour rembourser les 40 millions réclamés. Cependant, le procureur de la République, et le juge d’instruction en charge du dossier avaient déjà estimé «les faits suffisamment graves pour retenir le chef-comptable du CHUL dans les liens de prévention» avaient déjà lancé le processus. Sieur Wada ne peut donc pas être exempté de son forfait d’autant que l’acte a été consommé. Il attendant ainsi son jugement à la prison centrale de Libreville.

* Fayman : escroc spécialisé dans la “multiplication de billets de banque”, la vente de produits interdits mais lucratifs (extraits d’Iboga, mercure rouge ou toutes substances plus ou moins existantes aux acheteurs secrets et vendeurs milliardaires) et les investissements à rendements miraculeux. Le résultat est systématiquement le même depuis des années : le «mougou» (pigeon dans le langage des faymen) perd des millions, les siens ou ceux de son administration, et le fayman disparaît. On sait qu’on rencontre un fayman quand on peut dire : «Je n’avais jamais vu le monsieur mais c’était un ami d’un couple que je connais bien. On a sympathisé et il m’a proposée de m’associer dans une “affaire”»… Au Cameroun, d’où est partie la mode il y a 30 ans déjà, “fayman” et “business man” seraient deux expressions assez similaires. Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, une étude intéressante de Dominique Malaquais du Ceri (SciencesPo/CNRS) existe et peut-être téléchargée ici (étude N° 77).