Privés de moyens financiers et autres formes d’accompagnement des autorités, les athlètes gabonais s’efforcent tant bien que mal de participer au 10 km de POG. Une situation incompréhensible, le pays étant pourtant doté d’une fédération d’athlétisme.

Djessy Mouele Kodo, premier Gabonais au 10 km de POG, le 24 juin 2018 à Port-Gentil. © Gabonreview

 

Organisé le 24 juin à Port-Gentil, le 10 km de POG a fait ressortir, une nouvelle fois, le calvaire des athlètes gabonais qui manquent cruellement d’accompagnement de leur fédération. Un fait que n’a pas manqué d’évoquer Djessy Mouele Kodo, premier Gabonais à avoir franchi la ligne d’arrivée à cette course ayant réuni plus de 7000 participants.

«Nous avons une si belle compétition, mais l’on est incapable de préparer une équipe capable de représenter dignement le Gabon. Nous avons pourtant de la ressource, mais l’encadrement fait défaut. Les athlètes gabonais sont vraiment déçus et découragés. Les autorités sont conscientes de cette réalité, j’espère qu’elles écoutent nos lamentations et qu’elle réagiront enfin», a souligné Djessy Mouele Kodo.

Alphonse Miyoubi et James Rogombe Constantin (tee-shirt blanc). © Gabonreview

Dans le cadre du 10 km de POG, Djessy Mouele Kodo et une dizaine de jeunes ne doivent leur salut qu’à la bonne volonté de leur coach Alphonse Miyoubi. «Je les ai préparé avec les moyens de bord à Libreville, et ce pendant quatre mois. C’est par ailleurs grâce à mes épargnes que j’ai assuré leur transport jusqu’à Port-Gentil», a-t-il affirmé.

Ce dernier n’a pas manqué d’égratigner l’organisation du 10 km de POG, suite à l’absence de prix des meilleurs Gabonais. Certes, certains courent parmi l’élite, mais les meilleurs Gabonais ont tout de même un podium dédié… sans récompenses cependant. «C’est la décision des organisateurs et on n’y peut rien. On se focalise plus sur les internationaux que les nationaux. Pourquoi alors avoir créé une catégorie amateur et, au final ne rien donner aux vainqueurs ? C’est décourageant pour tous ces jeunes, à qui je m’efforce de remonter le moral», a déploré Alphonse Miyoubi.

Et le coach d’insister : «Les autorités doivent aider les jeunes. Comment comprendre que l’on fasse venir les internationaux, sans qu’aucun moyen ne soit débloqué pour aider à la préparation des nationaux ? C’est vraiment dommage». Dans le cadre de cette compétition, Alphonse Miyoubi et ses jeunes, originaires de l’Ogooué-Maritime, ont bénéficié, heureusement, du soutien salutaire de l’association des jeunes dynamiques d’Etimboue.

«Nous les avons suivi tout au long de leur préparation et sur la participation également. Nous les soutenons de temps en temps lorsque le besoin se fait ressentir», a indiqué le président de l’association. «Nous sommes satisfait des résultats. Nous aurions pu avoir un peu plus, mais l’encadrement est très difficile sans moyens conséquents», a regretté James Rogombe Constantin. Dans un tel contexte, ce n’est pas demain la veille qu’il y aura un Gabonais sur le podium du 10 km de POG.