«La piraterie tue l’auteur» : le cri d’alarme de l’écrivaine et directrice des Éditions Ntsame, Sylvie Ntsame, a retenti au lancement de la saison littéraire 2026-2027 de l’Union des écrivains gabonais (UDEG). L’organisation entend renforcer la visibilité des auteurs nationaux, promouvoir la lecture et sensibiliser le public aux dangers de la piraterie littéraire, avec l’écrivain Pierre Odounga Pépé à l’honneur.

Visite des stands lors de l’ouverture des activités de l’UDEG, le 30 octobre 2026. © AGP

 

L’Union des écrivains gabonais (UDEG) donne le ton de sa saison littéraire 2026-2027. Réunis le 30 octobre 2026 à la Maison Titan Dantoutou, à Libreville, les acteurs du monde littéraire ont assisté au lancement officiel de cette nouvelle programmation, placée sous le thème «Écrire la vie, dire le monde». À travers cette initiative, l’organisation entend faire davantage rayonner la littérature gabonaise et replacer les auteurs locaux au cœur des habitudes de lecture.

Au-delà de la promotion des œuvres nationales sur les scènes littéraires locale et internationale, l’UDEG ambitionne de rapprocher les écrivains de leur public et d’encourager les Gabonais à consommer davantage la production littéraire nationale, notamment en privilégiant l’achat des ouvrages en librairie. Pour cette saison, le choix de l’auteur à l’honneur s’est porté sur l’écrivain, poète et général Pierre Odounga Pépé. Une désignation qui traduit la volonté de l’organisation de rendre hommage aux figures historiques de la littérature gabonaise, avant d’ouvrir progressivement ses tribunes aux jeunes talents.

Défendre le livre et ceux qui l’écrivent

Prenant la parole, le président de l’UDEG, Éric Joël Bekalé, a inscrit cette saison littéraire dans une perspective historique, en retraçant les grandes étapes de l’évolution de l’écriture et de l’imprimerie. Des premiers systèmes d’écriture de l’Antiquité à l’invention de l’imprimerie par Johannes Gutenberg vers 1450, en passant par les premières productions de livres en Asie, il a rappelé la place centrale de l’écrit dans la conservation du savoir, la transmission des connaissances et la construction des sociétés.

Mais cette ambition de développement du secteur littéraire se heurte à une menace persistante : la piraterie. Intervenant à son tour, l’écrivaine et directrice des Éditions Ntsame, Sylvie Ntsame, a dénoncé les conséquences économiques de cette pratique sur l’ensemble de la chaîne du livre. « La piraterie tue l’auteur. Parce que dès qu’un livre est piraté, l’auteur ne gagne plus rien », a-t-elle alerté. Elle a rappelé que la vente légale des ouvrages en librairie permet à l’éditeur de rémunérer les auteurs à travers le reversement des droits qui leur sont dus.

À travers cette saison 2026-2027, l’UDEG affiche ainsi une double ambition : faire vivre la création littéraire gabonaise et défendre ceux qui la portent. Car promouvoir le livre national ne saurait se limiter à encourager la lecture ; cela suppose également de protéger les œuvres, de garantir les droits des créateurs et de soutenir durablement toute une économie culturelle.

 
GR
 

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