Le Plan national de croissance et de développement vise une croissance moyenne de 6,5 % entre 2026 et 2030. Mais le document prévient lui-même : les recettes attendues pourraient manquer et les projets prendre du retard. Sans une meilleure gestion publique, les résultats économiques annoncés deviendraient «irréalisables».

Le PNCD 2026-2030 avertit : annoncer les milliards ne construit pas le pays. Encore faut-il bien les utiliser. © GabonReview (montage)

 

Le Gabon veut accélérer son développement. Pour y parvenir, le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030 mise notamment sur l’énergie, les infrastructures et les activités hors pétrole. Mais ce document du ministère de la Planification et de la Prospective ne présente pas seulement des objectifs. Il explique aussi ce qui pourrait empêcher de les atteindre.

Aux pages 161 et 162, les auteurs identifient plusieurs difficultés : l’État pourrait percevoir moins d’argent que prévu, les projets pourraient être mal exécutés et les investissements produire des résultats insuffisants. Ces avertissements permettent de comprendre les conditions nécessaires à la réussite du plan.

L’argent attendu pourrait manquer

Le premier risque concerne les recettes de l’État. Le PNCD juge élevé le risque que les sommes prévues dans la loi de finances 2026 ne soient pas effectivement encaissées. Cela pourrait réduire les moyens disponibles pour financer les investissements publics.

Le plan prévoit un déficit budgétaire de 6 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026. Cela signifie que l’État dépenserait davantage qu’il ne percevrait, avec un écart équivalant à 6 % de la richesse produite dans le pays en une année. L’objectif est de ramener ce déficit sous 3 % à partir de 2029.

Pour y arriver, le Gabon devra notamment augmenter ses recettes hors pétrole et maîtriser ses dépenses de fonctionnement. Si les rentrées d’argent restent inférieures aux prévisions ou si les dépenses augmentent trop, l’étude prévient que la dette pourrait dépasser le niveau attendu.

Des budgets à transformer en réalisations

Trouver l’argent ne suffit pas. Encore faut-il réussir à réaliser les projets. Selon le PNCD, le taux d’exécution du Programme d’investissements publics se situe historiquement autour de 50 %. Le plan veut le porter au-delà de 90 %.

Cet objectif demande de mieux préparer les projets, de choisir ceux qui sont les plus utiles et d’en suivre sérieusement l’avancement. Le document insiste donc sur la gouvernance, c’est-à-dire la manière dont les décisions sont prises, les moyens utilisés et les résultats contrôlés.

Son avertissement est direct : «Si la gouvernance ne s’améliore pas, l’ensemble du cadre macro-économique projeté devient irréalisable.» En termes simples, les résultats économiques prévus ne pourront pas être atteints sans une meilleure gestion.

Les conséquences dépasseraient les seuls projets de l’État. D’après le document, une gestion publique insuffisante rend aussi le pays moins attractif pour les investisseurs privés et les partenaires susceptibles de financer son développement.

Investir davantage, mais surtout investir mieux

Le PNCD souligne un autre risque : dépenser plus sans obtenir suffisamment de résultats. Si les investissements ne permettent pas de produire davantage et de développer les activités économiques, les recettes fiscales attendues pourraient être plus faibles. L’État aurait alors davantage de difficultés à financer la suite du programme.

L’énergie et les infrastructures jouent ici un rôle essentiel. Les entreprises ont besoin d’électricité et de moyens de transport pour fonctionner. Des retards dans ces secteurs pourraient donc ralentir de nombreuses autres activités.

Le document ne dit pas que le plan échouera. Il précise ce qui doit changer pour qu’il réussisse. Les résultats dépendront de l’argent réellement mobilisé, de la qualité des projets retenus et de la capacité à les mener jusqu’au bout.

 
GR
 

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