Représenté par 8 porte-paroles sur la vingtaine connue officiellement, le projet de Brice Clotaire Oligui Nguema a été le mieux défendu dans la soirée du 2 avril sur le plateau de Gabon 1ère. Ses adversaires n’ont pas eu la même chance en raison du déséquilibre flagrant presque voulu par la Haute autorité de la communication (HAC), à l’initiative de ce débat télévisé organisé de façon peu objective.

Une vue du plateau du débat télévisé organisé par la HAC dans la nuit du 2 au 3 avril 2025 sur Gabon 1ère. © GabonReview (Capture d’écran)

 

Un raté. C’est qu’il convient de retenir s’agissant du débat organisé mercredi soir sur Gabon 1ère et retransmis sur d’autres médias publics tels que Gabon 24 et Radio Gabon. Au-delà de la prestation plutôt louable des uns et des autres, y compris celle des deux journalistes ayant modéré les échanges, ce rendez-vous initié par la Haute autorité de la communication (HAC) n’a pas répondu aux attentes des téléspectateurs qui espéraient un traitement équitable des huit candidats en course pour la présidentielle du 12 avril prochain. Dommage.

Sur un plateau où sont intervenues 13 personnes, toutes porte-paroles de candidats, 8 représentaient le seul candidat Brice Clotaire Oligui Nguema, les 5 intervenants restants représentaient 5 de ses 7 challengers. Une supériorité numérique qui a donc permis au projet de société du président sortant de la transition d’être mieux explicité, contrairement à celui de ses adversaires. D’autant plus que, sur chacun des panels (politique, économie et social), les téléspectateurs ont vu les porte-paroles d’Oligui Nguema se relayer (4 premiers sur les sujets politique et économique et 4 autres sur le sujet en rapport avec le social), alors que les candidats Chaning Zenaba Gninga, Alain-Claude Bilie-By-Nze et Joseph Lapensée Essingone ont été représentés par un seul porte-parole chacun sur tous les sujets abordés.

8 contre 1 et deux candidats non représentés

Mais si ces trois candidats, par l’entremise de leurs représentants, ont eu la possibilité d’intervenir sur les différentes questions posées par le duo de journalistes, les autres candidats n’ont pas eu cette chance. Le représentant du Dr Stéphane Germain Iloko Boussengui n’a par exemple pas eu l’occasion de présenter le pan politique et économique du programme de son candidat. Il n’est apparu sur le plateau qu’au moment d’aborder les questions en lien avec le social, soit plus d’une heure après le début du débat. Pour ce qui est du porte-parole du candidat Alain Simplice Boungoueres, il a dû quitter le plateau pour lui céder la place. Il n’a donc pas présenté l’aspect social du projet de son candidat, par ailleurs le seul qui se présente à cette élection sous la bannière d’un parti politique, Le Parti patriotique gabonais (LPPG) .

Finalement, ayant pris part à toute l’émission, les représentants de Chaning Zenaba Gninga, Alain-Claude Bilie-By-Nze et Joseph Lapensée Essingone ont dû affronter leurs 8 homologues issus du camp du candidat-président. Dr Thierry Yvon Ngoma et Alex Stophène Ibinga Ibinga n’ont pas été représentés lors de ce «débat» dont l’organisation est à parfaire au plus vite, alors qu’est annoncé le démarrage, ce jeudi 3 avril, d’un autre programme télévisé initié par la HAC, «1 candidat 1 projet», dont les prétendants aux fauteuil présidentiel seront les principaux invités. La Grande nuit électorale est quant à elle annoncée pour la soirée du 12 avril, jour de vote. Espérons que d’ici-là le gendarme des médias saura véritablement tenir compte du respect du temps d’antenne censé être identique aux différents candidats à ce scrutin. Pour l’heure, l’institution semble faire la part belle au candidat au pouvoir.

 

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Cyr tiburce MOUNDOUNGA dit :

    Bjr. Morceau au choix : « l’institution semble faire la part belle au candidat au pouvoir ». Jugement de valeur ou constat. Amen.

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