Port-Gentil : entre insalubrité, inondations et incivisme des populations, Pierre Rizogo Rousselot s’exprime

L’incivisme des populations, les inondations et l’insalubrité sont les thèmes abordés lors d’une interview accordée par le délégué spécial chargé de la gestion de la commune de Port-Gentil, le général de corps d’armée Pierre Rizogo Rousselot. Face à la presse, il est revenu sur l’ensemble des problématiques sociales qui asphyxient la capitale économique.

Les engins de la Mairie de Port-Gentil déployé dans le cadre d’un vaste programme de curage et d’entretien des bassins versants. © GabonReview
Le délégué spécial a reçu la presse municipale dans son cabinet, où il a échangé sur les défis liés aux inondations récurrentes, à l’insalubrité et à l’incivisme des populations. Accusé de passivité face aux inondations qui affectent les habitants, le haut gradé a brisé le silence, rappelant qu’il ne ménage aucun effort pour atténuer les conséquences des catastrophes naturelles auxquelles la ville est confrontée. «Dire que la mairie n’agit pas est une erreur. Nous sommes situés dans une zone tropicale, où il pleut tous les jours. La mairie subit les intempéries au même titre que les autres», a précisé Pierre Rizogo Rousselot.

Le délégué spécial chargé de la gestion de la commune de Port-Gentil, le général de corps d’armée Pierre Rizogo Rousselot. © GabonReview
Il a également déploré le comportement des habitants vis-à-vis de la gestion des déchets : «Les populations confondent les endroits où l’on doit collecter les ordures avec les caniveaux et les canaux. Il y a des bacs à ordures partout pour collecter les déchets. Elles ne doivent pas chercher des solutions miracles aux problèmes actuels, mais commencer par changer de mentalité».
Port-Gentil, il faut le souligner, a connu une urbanisation rapide, marquée par une prolifération de quartiers précaires et une vulnérabilité accrue aux inondations. Ville côtière de plus de 150 000 habitants, elle est confrontée à l’expansion des zones d’habitat non viabilisé. Par conséquent, lors de la montée des eaux ou des épisodes de pluies intenses, la ville devient particulièrement exposée. Le réseau d’assainissement, sous-dimensionné, limite les actions de la mairie.
«Avant de construire, il faut viabiliser les terrains, et non bâtir dans des zones inappropriées. Moi, je travaille en fonction des objectifs assignés par le CTRI. Il y avait des canaux, mais ils ont construit dessus, et maintenant ils veulent garder les pieds secs ?», s’est interrogé le général.

© GabonReview
Pierre Rizogo Rousselot reconnaît néanmoins les efforts nécessaires pour améliorer l’assainissement de la ville, un enjeu crucial pour le bien-être des habitants et la préservation de l’environnement. Chaque année, les inondations provoquées par les eaux usées et pluviales causent des dégâts significatifs. Pour éviter ces sinistres, il est impératif que le gouvernement prenne toutes les dispositions nécessaires. «Les autorités sont conscientes des défis que représente Port-Gentil. On peut tout envisager, mais cela commence par l’assainissement. Les populations doivent faire preuve de patience», a-t-il préconisé.
Pour conclure, il a estimé qu’il serait essentiel de renforcer les infrastructures de drainage et de gestion des déchets, tout en développant des techniques permettant une meilleure prévisibilité des phénomènes hydrologiques.

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