Déplacés dans le cadre d’un projet de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), les habitants de Leyima et Lekolo dénoncent une expropriation injuste et des logements inadaptés. Face au silence de l’entreprise minière, ils sollicitent l’intervention du président de la Transition pour faire respecter leurs droits et obtenir un relogement conforme aux engagements pris.

Gaétan Ernest Ayami, président du Regroupement des autochtones de Leyima ( 2e à droite) lors de sa déclaration, le 5 février 2025. © GabonReview

 

La relocalisation des habitants des quartiers Leyima et Lekolo, situés dans le périmètre minier de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), continue de susciter des tensions. Officiellement livrés le 9 février 2024 lors de la visite du président de la Transition, les 417 logements construits à cet effet sont au cœur d’un conflit opposant les populations concernées à la filiale du groupe Eramet.

Le Regroupement des autochtones et futurs déguerpis de Leyima accuse Comilog de ne pas respecter les engagements pris. Ces habitants dénoncent une expropriation déguisée et des conditions de relogement qu’ils jugent inacceptables. «La politique de Comilog vise à faire des sans-domiciles fixes. Comilog veut créer de la pauvreté, nous rendre plus vulnérables qu’il le faut. C’est une expropriation et nous aimerions que la loi s’applique. Cette cité est un camp de concentration», affirme Alphonse Owele, un fonctionnaire retraité.

Les populations concernées, dont beaucoup de retraités, demandent une intervention des autorités. «Je voudrais interpeller le Comité de restauration des institutions en particulier, président de la République, qui est un humaniste, qui est un battant, pour venir en aide aux populations de Leyima. Parce que c’est nécessaire. Quand vous êtes sans domicile, vous êtes vulnérables. Et pour la plupart d’entre nous, c’est des retraités qui n’ont plus de moyens pour bâtir une maison», insiste-t-il.

Déjà cinq audiences reportées

Vue du site et des maisons de relogement. © D.R.

Le combat juridique se poursuit. «Sur le plan juridique, nous sommes toujours au niveau du tribunal. Nous sommes à la cinquième audience avec Comilog et nous poursuivons toujours Comilog parce que nous n’avons pas trouvé satisfaction jusque-là», explique Gaétan Ernest Ayami, président du Regroupement des autochtones de Leyima.

À Lekolo 2 où plus de 2 500 personnes ont été relogées, les critiques fusent sur la qualité des logements. Les habitants dénoncent des contrats opaques, signés parfois par des personnes ne sachant pas lire et ayant été influencées par des intermédiaires. «Il y a des gens qui avaient signé des contrats même au préalable parce qu’ils avaient été soudoyés par certains membres qui ont piloté le projet et c’est via des montants forfaitaires contenus dans lesdits contrats que les personnes ont contractés, qui ont signé. Parfois même des personnes qui ne savent pas lire, des personnes âgées. Mais lorsque ces personnes sont parties dans ces maisons, elles sont revenues nous dire que là-bas c’est invivable parce qu’il y a tellement de chaleur. Les maisons ont été construites avec des matériaux importés qui ne répondent pas à notre climat», dénoncent-ils.

Les négociations sont au point mort

Malgré la remise d’un cahier des charges à Comilog pour tenter un règlement à l’amiable, les négociations semblent au point mort. «Les dirigeants de Comilog font la sourde oreille jusque-là. Comilog jusque-là n’a plus jamais fait signe et au contraire ce que Comilog trouve c’est de nous mettre les bâtons dans les roues. Ils passent par des personnes interposées pour vouloir obstruer sur le cours de la procédure», regrette Gaétan Ernest Ayami.

Face à cette situation, les habitants réclament le respect de leurs droits et une prise de responsabilité des autorités. «Ainsi, nous voulons un relogement conforme aux engagements pris et nous demandons aussi les sanctions contre les gestionnaires de ce projet catastrophique et scandaleux, évalué à plusieurs milliards de FCFA. Leyima dit zéro maison, zéro justice, zéro vote», conclut-il.

 
GR
 

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