Agacé par l’état d’insalubrité de son pays, le président de la République a instruit son gouvernement de lancer cette année, le Concours national de l’arrondissement le plus propre. Si les modalités de ce concours restent à déterminer, le Premier ministre, qui en a fait l’annonce le 12 septembre, a indiqué que l’arrondissement le plus propre sera primé d’une enveloppe de 500 millions de francs CFA. Aussi, a-t-elle annoncé un fonds de 2 milliards de francs CFA pour chaque capitale provinciale.

Rose Christiane Ossouka Raponda a annoncé, le 12 septembre 2022, le Concours national de l’arrondissement le plus propre avec une enveloppe de 500 millions de FCFA à la clé, à Libreville.© capture d’écran/Facebook

 

Les villes du Gabon sont sales ! C’est le constat qu’a semblé faire Ali Bongo, à en croire le Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda. Si d’aucuns ont fini par se convaincre que la capitale gabonaise tient à ses immondices au regard de la persistance des tas de détritus traînant d’un coin à l’autre de la ville, malgré les bacs à ordures disposés ici et là et eux aussi plein à craquer, le président de la République aurait constaté que le spectacle est le même dans le reste du pays, en dépit des moyens financiers consentis par l’État. Alors que les pluies font leur retour, que le pays croupit sous les ordures avec tous les risques de maladies que cela comporte, il a instruit son gouvernement de lancer cette année le Concours national de l’arrondissement le plus propre.

Mieux que le vœu pieux de Christine Mba Ndutume ?

«Ce concours aura lieu à Libreville, capitale du Gabon, et dans les 9 capitales provinciales», a annoncé Rose Christiane Ossouka Raponda lors d’une déclaration, le 12 septembre. Selon le chef du gouvernement, les modalités d’organisation de cette compétition seront précisées dans les prochaines semaines. «L’arrondissement le plus propre sera primé d’une enveloppe de 500 millions de francs CFA, pour la gestion de la salubrité dans sa localité», a-t-elle précisé. Voilà qui devrait motiver les maires à qui, en octobre dernier, le ministre d’État à l’Intérieur, Lambert Noël Matha, annonçait l’entrée en vigueur de la loi attribuant désormais la gestion des ordures ménagères aux maires d’arrondissements.

Si certains s’interrogent déjà sur l’impact et les retombées de ce concours au regard d’une part de la saturation de la décharge de Mindoubé, à Libreville, et d’autre part, du manque de décharges adéquates au niveau des autres villes du pays, l’on rappelle que dans la fièvre de son installation à la tête du conseil municipal de Libreville, Christine Mba Ndutume annonçait, le 7 août 2021, le prix de l’arrondissement le plus propre qu’elle dénommait Rose Christiane Ossouka Raponda, en hommage à la première femme maire de Libreville. Finalement un vœu pieux tant, ledit concours n’a jamais eu lieu alors que l’invasion des ordures ménagères se poursuivait à Libreville.

Quid du FID ?

Selon Rose Christiane Ossouka Raponda, Ali Bongo a également décidé d’octroyer une enveloppe de 2 milliards de francs CFA à Libreville, capitale du Gabon, et chaque capitale provinciale, à compter de cette année. «Ces ressources importantes seront gérées exclusivement par les gouverneurs, dans le cadre des projets de développement local», a-t-elle informé précisant que les gouverneurs présideront les conseils provinciaux, avec pour membres les conseils locaux. Une information qui invite par ailleurs à s’interroger sur l’effectivité du Fonds d’initiative départemental (FID) annoncé en 2017 par le président Ali Bongo.

 

 
GR
 

4 Commentaires

  1. Loozap dit :

    Belle stratégie pour garder le pays propre

  2. Marcus garvey dit :

    C’est une mesurette qui ne va rien apporter à la propriété de nos cités. Les problèmes de fond résident dans le manque de décentralisation réelle et la transparence démocratique lors des élections.
    La plupart des élus sont désignés non pas par leurs capacités à bien gouverner leurs cités mais sur des critères mafieux (allégeance au chef, incompétence et excès de zèle au sein du parti, corruption, etc). Le système est fait de telle manière que les plus méritants sont écartés de la gestion des leurs cités à cause leur neutralité suspecte. Les médiocres sont promus pour leurs excès de zèle et incompétences. Qui fait que nos élus n’ont pas des comptes à rendre aux populations dès lors qu’ils ont la bénédiction du chef qui les désigne.
    Autre fait, c’est le manque de véritable décentralisation. Tout l’argent du Gabon se retrouve dans les mains de l’Etat. Qui fait que nos collectivités locales ne peuvent pas se développer librement sinon les villes pétrolières et minières de ce pays allaient connaître un vrai développement.
    Le gouverneur en tant qu’exécutif de la province devrait être une autorité élue et non nommée par le gouvernement. Ainsi, le rôle de gouverneur représentant l’Etat dans la province devrait être confié à un préfet de région ou province. C’est le gouverneur autorité élue qui devait impulser le développement local de saa province (construction des universités, autoroutes, logements, lutte contre le chômage, etc en partenariat avec l’Etat). A la fin de 4 ans ou 5 ans, lui et son équipe reviennent devant les populations qui vont décider s’il faut les maintenir ou pas.
    La durée des mandats ne devrait pas dépasser 5 ans. Car, à l’allure où va la mondialisation, il n’est pas sage de confier de tels rôles aux stagiaires, amateurs, ventrilogues et apprentis-sorciers. Il faut des gens qui ont la vision, l’amour pour leurs régions respectives et qui soient capables de les transformer efficacement et rapidement. Et c’est comme cela que nos provinces, départements, villes, villages, etc. vont se développer tout en conservant leurs valeurs endogènes. L’émulation entre régions, départements, villes, etc sera bénéfique aux citoyens. Ainsi, chacun pourra s’installer là où il fait bon vivre.
    Donc donner l’argent à un gouverneur autorité administrative non élue, sans vision ni projet de développement local, est une autre façon de distraire l’argent du contribuable.

  3. Lavue dit :

    Avec toutes ces décisions non mûries, un peu à l’emporte-pièce on se demande s’il y a un véritable capitaine dans le bateau Gabon, ou si ALI n’a simplement pas le niveau de la fonction. On a l’impression que ces deux hypothèses sont même vraies.

    Toutes ces décisions précipitées non réfléchies et qui ne sont pas en phase avec les attentes réelles du peuple, ne sont que de la diversion pure et du saupoudrage garanti de l’argent public. 2023 approche, faut bien trouver des bouc-émissaires pour justifier tel échec ou tel autre raté. L’argent qui sera mis à la disposition des villes sera géré par le Gouverneurs. Franchement, est-ce que ça fait sérieux tout ça? Les ministres sont déjà reconnus incapables par le Chef de l’Exécutif, maintenant on va s’essayer avec les Gouverneurs. Où va mener cette fuite en avant?

    C’est dommage que ALI BONGO et son entourage pensent que gouverner c’est duper continuellement le peuple. Les Gabonais de 1967 avec lesquels Albert Bernard BONGO pouvait se permettre d’être parfois démagogue ne sont pas ceux d’aujourd’hui.
    Si rien de sérieux n’est fait pour ce pays, pour le peuple du Gabon et non pour les intérêts particuliers de quelques individus, il faut craindre que les auteurs tôt ou tard en paient le prix fort. Il n’ y a rien qui résiste au temps, que ALI BONGO, son entourage et ses amis le comprennent, s’ils le peuvent bien entendu.

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