Une coalition d’organisations de la société civile gabonaise demande à l’Assemblée nationale l’interpellation du vice-président du gouvernement et du ministre chargé de l’Habitat sur les conditions d’attribution à l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le parti présidentiel, d’une parcelle située à Plaine-Orety, à Libreville, sur un site déclaré d’utilité publique où des populations avaient été déguerpies en 2025.

Sur la même photo, mais dans un autre projet : le président et le secrétaire général de l’UDB, le VPG et l’adjudicataire du marché, et en arrière-plan, le siège en construction. © Photomontage (IA)/GabonReview

 

L’affaire continue de susciter de vives réactions dans l’opinion, notamment sur les réseaux sociaux. Face à la polémique entourant le projet de construction du siège de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) à Plaine-Orety, onze organisations de la société civile ont décidé de saisir l’Assemblée nationale. Dans une correspondance datée du 27 octobre 2026 et adressée au président de cette institution, elles sollicitent l’interpellation du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et du ministre chargé de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi.

Au cœur de leur démarche : les conditions dans lesquelles le parti au pouvoir aurait obtenu une parcelle sur ce site, présenté comme destiné à accueillir un immeuble de douze étages (R+12). Une situation jugée préoccupante par les signataires, au regard des déguerpissements opérés dans la zone en 2025.

Des zones d’ombre sur l’attribution foncière

La coalition rappelle que, le 24 octobre dernier, le secrétariat général de l’UDB avait indiqué que le terrain avait été acquis auprès des autorités compétentes. Une explication qui, selon les organisations, n’a pas suffi à dissiper les interrogations. Elles réclament notamment des précisions sur le fondement juridique de l’attribution, la superficie et la valeur du terrain, ainsi que l’identité de l’autorité ayant pris la décision.

Les signataires s’interrogent également sur un éventuel déclassement du site et sur les garanties contre les conflits d’intérêts, le secrétaire général de l’UDB exerçant aussi des fonctions gouvernementales dans le secteur de l’Habitat.

« Il ne s’agit pas, pour notre Coalition, de préjuger de l’existence d’une irrégularité, mais d’exiger que les procédures suivies soient documentées, vérifiables et conformes aux lois et règlements en vigueur », précisent-ils.

Les travaux dans le viseur

Au-delà de l’interpellation parlementaire, les organisations demandent la publication des actes administratifs relatifs à cette opération, ainsi que des informations sur les autres bénéficiaires de parcelles sur le même site. Elles souhaitent également la suspension provisoire des travaux, si les vérifications nécessaires le justifient, et une clarification de la situation des populations déguerpies.

« La gestion du patrimoine foncier de l’État ne saurait être assimilée à une opération privée ordinaire », soulignent-elles, invoquant les exigences de transparence, d’impartialité et d’égalité devant l’administration.

La démarche est portée par le Copil citoyen, l’ONG Jeunes Volontaires, l’ONG Métiers de Maison, Grâce Land, Croissance Saine Environnement, SOS Prisonniers Gabon, la Ligue nationale des droits humains, Bénédicta Cantal, le Redhac, COP RESOC et l’Institut Concorde.

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment