Gabon : après la crise des réseaux sociaux, vers un encadrement plus strict de l’exploitation des données personnelles ?
La protection des données personnelles et de la vie privée s’impose comme un enjeu central de la régulation numérique au Gabon. Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a échangé le 3 novembre 2026 avec les responsables de l’Autorité pour la protection des données personnelles et de la vie privée (APDPVP), afin de mieux cerner les missions de cette institution et d’examiner les pistes d’amélioration du dispositif réglementaire.

Le ministre de la Communication et des Médias et le président de l’APDPVP, Joël Dominique Ledaga, à l’issue de leur entretien. © GabonReview
Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a échangé mardi avec les responsables de l’Autorité pour la protection des données personnelles et de la vie privée (APDPVP). Cette rencontre intervient quelques jours après la levée de la suspension des réseaux sociaux au Gabon, décidée le 24 octobre par la Haute autorité de la communication (HAC). Au cours des échanges, le président de l’APDPVP, Joël Dominique Ledaga, a rappelé l’importance de garantir aux citoyens la maîtrise de leurs informations personnelles.
L’enjeu est notamment de permettre à chaque individu de contrôler la collecte, l’utilisation et l’exploitation de ses données, dans un environnement où les administrations et les entreprises recourent de plus en plus aux outils numériques. L’autorité avait déjà alerté, dans un communiqué publié en juillet 2026, sur la diffusion par certaines administrations publiques et privées de documents contenant des informations personnelles et socio-économiques sur les citoyens.
Un cadre juridique à consolider
Le ministre a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’améliorer l’application des textes en vigueur et de prévenir les tensions susceptibles de résulter d’une régulation mal encadrée. Cette concertation intervient dans un contexte marqué par l’adoption de nouvelles dispositions relatives à l’utilisation des réseaux sociaux et la reprise progressive des activités sur les plateformes numériques.
La HAC a notamment justifié la levée de la suspension par le renforcement de l’arsenal juridique et la mise en place de mécanismes de coopération avec certaines plateformes.
Pour autant, la protection des données personnelles demeure un chantier distinct, qui nécessite des garanties institutionnelles et une meilleure sensibilisation des administrations comme des usagers. Le rapprochement entre le ministère et l’APDPVP pourrait ainsi contribuer à renforcer la sécurité juridique des citoyens dans l’espace numérique.

















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