Gab Pêche : les promesses de la pêche artisanale prennent l’eau au Capal
Lancé en août 2025 pour renforcer la participation des Gabonais à la pêche artisanale et contribuer à la lutte contre la vie chère, le programme Gab Pêche semble aujourd’hui en grande difficulté. Au Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville (Capal), les commerçantes dénoncent la raréfaction du poisson et l’absence d’embarcations permettant d’assurer régulièrement l’approvisionnement du marché.

Une vue du Capal avec plusieurs étals vides. © GabonReview
Le projet gouvernemental Gab Pêche a du plomb dans l’aile. Présentée comme une initiative destinée à améliorer la disponibilité du poisson et à réduire la dépendance aux circuits d’approvisionnement traditionnels, cette opération peine désormais à produire les résultats attendus. Des pêcheurs et des commerçantes se disent en difficulté depuis des semaines, voire des mois pour certains.
Sur les lieux, plusieurs commerçantes font en effet état de longues périodes sans approvisionnement. «Nous sommes venus ici à cause de Gab Pêche. Nous voulons que Gab Pêche revienne», témoigne l’une d’elles, qui déplore l’absence d’embarcations.
Selon les témoignages recueillis, certaines commerçantes peuvent rester plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sans disposer de poisson à vendre. Plusieurs difficultés sont évoquées pour expliquer cette situation : tensions entre les acteurs, retards de rémunération des jeunes pêcheurs, problèmes de gestion et développement de circuits de distribution parallèles.
Le Capal concurrencé par des circuits parallèles
Le reportage met également en évidence les difficultés d’approvisionnement du centre. Certains pêcheurs, dont les sorties en mer seraient financées par des abonnés extérieurs, privilégieraient la livraison directe à des commerçantes opérant dans d’autres points de vente du Grand Libreville. Cette situation réduit la disponibilité des produits au Capal et fragilise les commerçantes qui comptaient sur le dispositif pour sécuriser leur activité.
Ces difficultés ne sont pas entièrement nouvelles. En septembre 2026, des interrogations avaient déjà été soulevées sur la livraison des pirogues, les circuits de débarquement et les mécanismes de financement de la pêche artisanale.
La relance de Gab Pêche apparaît donc conditionnée à une réorganisation de sa gestion, à une clarification des responsabilités et à une meilleure transparence dans la distribution des ressources. Au-delà du programme lui-même, c’est la capacité du pays à structurer durablement sa filière halieutique qui se trouve interrogée.

















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