La crise qui secoue les établissements publics de formation professionnelle depuis près d’un an a de nouveau été portée devant les parlementaires. Lors de la séance de questions orales au gouvernement du 3 novembre 2026, les députés ont interpellé l’exécutif sur les dysfonctionnements qui paralysent le secteur, notamment les difficultés financières, le non-paiement des vacations et les problèmes d’approvisionnement en matériel pédagogique. La ministre de tutelle, Pr Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, a annoncé une solution à coups de centaines de millions de francs. 

La ministre Marcelle Ibinga épse Itsitsa, a annoncé devant les députés une enveloppe de 800 millions de FCFA pour le paiement des vacations. © GabonReview (photomontage)

 

Dysfonctionnements, difficultés financières, non-paiement des vacations, problèmes d’approvisionnement en matériel pédagogique… le secteur de la formation professionnelle au Gabon est loin de bien se porter.   Au cœur des préoccupations figure également la promesse présidentielle de création de 166 000 emplois, dont la concrétisation suppose notamment de disposer d’une main-d’œuvre qualifiée et opérationnelle. L’attente risque d’être longue.

Mardi, lors de la séance de questions orales au gouvernement à l’Assemblée nationale, les députés ont voulu comprendre. L’honorable Guy-Roger Ekazama, député du 1er arrondissement de la commune de Makokou, a notamment attiré l’attention des autorités sur la situation préoccupante des centres de formation.

Un compte de financement non alimenté

L’une des explications avancées au Parlement par la ministre de tutelle, Pr Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, concerne le compte d’affectation spéciale destiné au financement de la formation professionnelle. Alimenté par les prélèvements opérés sur les entreprises au titre de la taxe de formation professionnelle, ce mécanisme contribue notamment au financement des budgets des centres et à l’organisation des examens et concours.

Or, selon les éléments présentés lors des échanges parlementaires, ce compte n’aurait pas été alimenté par le Trésor public durant toute l’année 2026, malgré les prélèvements effectués auprès des opérateurs économiques. Cette situation contribue aux difficultés de fonctionnement des établissements et au non-paiement des heures de vacation.

Face à cette situation, la ministre de tutelle a annoncé des mesures financières d’urgence. «Le gouvernement déploie des efforts pour apurer la dette de la formation professionnelle. Un engagement de 800 millions de FCFA est prévu pour le paiement des vacations», a-t-elle assuré.

La promesse des 166 000 emplois confrontée à la réalité

Pour les députés, la paralysie de l’enseignement professionnel pose une question plus large : celle de la cohérence entre les ambitions gouvernementales en matière d’emploi et les moyens consacrés à la formation des jeunes.

Comment atteindre les objectifs annoncés si les centres censés préparer les futurs travailleurs ne peuvent assurer normalement leurs missions pédagogiques ?

La résolution de cette crise suppose donc autant un règlement des revendications sociales qu’une réforme du financement et de la gouvernance des établissements.

 
GR
 

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