Économie numérique : la GSMA plaide pour des Smartphones moins chers afin d’élargir l’accès à Internet
Plus de la moitié de la population gabonaise ne profite toujours pas de l’Internet mobile, malgré une couverture réseau largement déployée. C’est le paradoxe mis en lumière par la GSMA dans son rapport publié le 29 octobre, à Libreville, intitulé «l’économie numérique du Gabon : les réformes politiques qui stimuleront l’avenir numérique du Gabon». L’organisation appelle à lever les obstacles financiers et structurels qui freinent l’adoption du numérique, notamment en rendant les Smartphones plus abordables, en développant les services publics numériques et en soutenant les investissements dans les infrastructures.

Le ministre de l’Economie numérique, Mark-Alexandre Ndoumba, et les autres officiels présentant à la présentation du rapport de la GSMA, à Libreville. © D.R.
Au Gabon, la couverture numérique ne suffit plus. En effet, plus de la moitié des habitants n’utilisent pas l’Internet mobile malgré un réseau disponible. La 4G couvre 95% de la population, mais seules quatre personnes sur dix utilisent l’Internet mobile. Dans son rapport publié le 29 octobre, la GSMA (GSM Association), appelle à rendre les Smartphones plus abordables pour ouvrir l’accès aux savoirs, aux revenus et aux services essentiels.
La 4G couvre 95 % de la population
Le diagnostic révèle pourtant des avancées significatives : la 4G couvre 95 % de la population, quatre personnes sur dix utilisent Internet mobile et 62 % des adultes disposent d’un compte de monnaie mobile. Mais l’équipement reste un frein indéniable. Parmi les adultes des 40 % de ménages les plus pauvres, 83 % possèdent un téléphone, mais seulement la moitié environ a un Smartphone. La GSMA pointe notamment la TVA de 18 % appliquée aux Smartphones, contre 10 % aux ordinateurs, et recommande un allègement ciblé de cette taxation ainsi que des facilités de financement. «Le Gabon a mis en place des bases solides pour assurer la connectivité. La prochaine étape consiste à rendre celle-ci accessible et utile à un plus grand nombre de personnes», a fait savoir la responsable de la GSMA pour l’Afrique, Angela Wamola.

La responsable de la GSMA pour l’Afrique, Angela Wamola, et les intervenants lors de la présentation du rapport à Libreville. © D.R.
Si le coût des terminaux est évoqué, l’organisation préconise de rapprocher les services numériques des besoins quotidiens. Elle relève les paiements, la santé, l’éducation et les démarches administratives. Elle recommande également de ramener progressivement de 11 % à 3 % les prélèvements sectoriels supportés par les opérateurs, afin de réduire les coûts d’exploitation et de favoriser les investissements. La couverture 4G en milieu rural, limitée à 70 %, justifie notamment la poursuite des efforts de déploiement.
La réussite de la transition numérique ne se mesurera pas seulement à la performance des réseaux ou au déploiement de la 5G
Selon les projections du rapport, les réformes pourraient porter le nombre d’abonnés uniques à l’Internet mobile de 1,06 million en 2026 à 1,48 million en 2031, contre 1,30 million sans changement de politique. Elles permettraient également de connecter environ 190 000 personnes supplémentaires et de générer, à l’horizon 2031, près de 63 milliards de francs CFA de recettes publiques annuelles additionnelles, tout en compensant leurs coûts dès 2028. Pour la GSMA, la réussite de la transition numérique ne se mesurera donc pas seulement à la performance des réseaux ou au déploiement de la 5G, mais à la capacité des populations à utiliser concrètement Internet pour améliorer leurs conditions de vie.
La GSMA est une organisation mondiale qui fédère l’écosystème mobile afin de découvrir, développer et mettre en œuvre des innovations essentielles à la création d’environnements commerciaux positifs et au changement sociétal. Sa vision est de libérer tout le potentiel de la connectivité pour permettre aux individus, à l’industrie et à la société de prospérer.

















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.