Déguerpis des Charbonnages, mais toujours là : Nouvel échec pour la municipalité ?

Chassés une énième fois en juin 2024, les commerçants installés de manière anarchique aux abords de l’échangeur des Charbonnages sont de retour. En dépit des opérations de déguerpissement menées par les autorités, ils réoccupent les trottoirs et déploient leurs étals jusqu’à empiéter sur la chaussée, sous le regard impuissant (ou indifférent ?) des forces de l’ordre. Pourtant, après leur expulsion, des agents avaient été déployés pour surveiller les lieux et empêcher toute nouvelle occupation.

Les trottoirs sont à nouveau envahis et les marchandises s’étalent jusque sur la chaussée. © GabonReview
Libres après le coup de balai de la mairie de Libreville en juin 2024, les trottoirs du carrefour Charbonnages sont de nouveau occupés par les commerçants qui ont repris leurs quartiers. Récalcitrants ? De l’échangeur au rond-point du quartier, ces commerçants de tout genre s’étaient confortablement installés pour écouler leurs produits créant ainsi un marché de plus à ciel ouvert. Un espace de non-droit où vendeurs gabonais et étrangers se côtoyaient s’appropriant les trottoirs et étalant leurs marchandises sur la chaussée empêchant les piétons de circuler librement et correctement, avec des conséquences sur le trafic automobile, aggravant ainsi l’embouteillage habituel.
Une opération conjointe entre la mairie de Libreville et les Forces de police nationale (FPN) avait pour ainsi dire, permis de les déguerpir. Des protections avaient été placées pour les dissuader et après leur expulsion, des agents avaient été déployés pour surveiller les lieux et empêcher toute nouvelle occupation. Malgré cette présence, les trottoirs sont à nouveau envahis et les marchandises s’étalent jusque sur la chaussée, au vu et au su des forces de l’ordre. Ces commerçants disent attendre qu’un marché répondant à leurs attentes leur soit proposé. En attendant, ils préfèrent braver les interdictions et occuper ces espaces stratégiques, quitte à entraver la circulation et à mettre en péril la sécurité des usagers.
Un enjeu politique en pleine campagne présidentielle
Cette situation pose une question cruciale : la municipalité est-elle réellement en mesure de faire appliquer ses propres décisions ? Mieux, comment expliquer un tel retour en force ? L’effectif chargé de la surveillance était-il insuffisant ? Y a-t-il eu un relâchement dans l’application des consignes ? Ces vendeurs ont-ils simplement trouvé le moyen de contourner les restrictions, mettant ainsi en lumière les limites de l’action municipale ? Malgré les moyens déployés et les promesses d’un réaménagement de l’espace urbain, le phénomène semble irrépressible. Faute de solutions viables pour relocaliser ces vendeurs, leur retour inlassable met en lumière l’échec des politiques de régulation du commerce informel.
Que propose concrètement la municipalité pour éviter une nouvelle escalade du désordre ? Jusqu’à quand ces opérations de déguerpissement se répéteront-elles, sans apporter de réponse durable ? Pour beaucoup, cet état de fait n’est que la traduction d’une réalité incontournable tant, le carrefour Charbonnages n’est pas le seul espace pris d’assaut par des commerçants devenus presque tous, récalcitrants. La réalité selon laquelle sans alternative adaptée, les déguerpissements successifs ne font que déplacer temporairement le problème sans jamais le résoudre. Jusqu’à quand ces opérations de force et cette surveillance inefficace se répéteront-elles, sans qu’aucune réponse durable ne soit apportée ?
Alors que la campagne présidentielle bat son plein, entre la nécessité de faire respecter l’ordre public et l’urgence sociale que représente la précarité de ces commerçants, les candidats ignoreront-ils ce dilemme ?

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