Agro-industrie : La SMAG passe sous pavillon ivoirien
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Le paysage économique gabonais vient d’enregistrer un bouleversement avec la cession de la SMAG, pilier historique de l’approvisionnement alimentaire du pays, au groupe ivoirien Avos. Cette entreprise, qui assure 90% de la production nationale de farine et d’œufs depuis plus de cinquante ans, change de mains dans un contexte où la sécurité alimentaire demeure un enjeu crucial pour le Gabon. La transaction, annoncée le 25 février 2025, suscite des interrogations sur l’avenir des prix des produits de première nécessité et sur la stratégie industrielle d’un secteur vital pour les Gabonais.
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L’usine de la Smag à Libreville. © D.R.
C’est désormais officiel. Le groupe Somdia, filiale agro-industrielle du groupe français Castel, a annoncé le 25 février 2025 la cession de la Société Meunière et Avicole du Gabon (SMAG) au groupe ivoirien Avos, dirigé par Jean-Marie Ackah. Cette transaction, dont le montant n’a pas été communiqué, marque un tournant dans le secteur agro-industriel gabonais.
Une décision stratégique pour Somdia
«Cette nouvelle opération s’inscrit dans notre volonté stratégique d’adapter notre périmètre d’activités pour nous concentrer sur nos domaines d’expertise que sont l’agriculture et la première transformation», a déclaré Olivier Parent, PDG de Somdia, dans un communiqué officiel.
Cette vente s’intègre dans un processus entamé depuis plusieurs mois. Somdia a déjà cédé en octobre 2024 ses activités de minoterie au Cameroun et au Congo, puis au Togo en janvier 2025. La SMAG constitue donc la quatrième cession en moins de cinq mois, confirmant le recentrage de Somdia sur certains segments de marché.
Créée en 1969, la SMAG est un acteur majeur de l’économie gabonaise avec une capacité de production annuelle de 75 000 tonnes de farine, 32 000 tonnes d’aliments pour bétail, 450 000 poussins par jour et 40 millions d’œufs. L’entreprise détient près de 90% du marché gabonais de la farine et des œufs.
La finalisation de l’opération reste «soumise à la réalisation des conditions suspensives usuelles et à l’approbation des autorités réglementaires compétentes», précise le communiqué.
Un repreneur avec une vision de développement continental
Le repreneur de la SMAG, Jean-Marie Ackah, est à la tête du groupe Avos, classé parmi les principales fortunes de Côte d’Ivoire et acteur influent de l’agro-industrie en Afrique de l’Ouest. «Cette nouvelle opportunité d’acquisition s’inscrit parfaitement dans la mise en œuvre de notre vision qui est de bâtir en Afrique subsaharienne un groupe agro-alimentaire de référence», a indiqué Jean-Marie Ackah.
L’homme d’affaires a bâti son groupe selon un modèle d’intégration verticale, débutant par le rachat en 2000 de la SIPRA, filiale du groupe français EVIALIS. Il a progressivement étendu ses activités au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, notamment avec les Moulins de Côte d’Ivoire (LMCI), devenu le troisième minotier ivoirien.
Le groupe Avos, qui compte plus de 1 200 collaborateurs et une quinzaine de sites industriels, prévoit pour la SMAG «une stratégie de diversification autant sur la chaîne de valeur avicole, avec pour objectif de contribuer à la structuration d’une filière locale moderne, que sur la chaîne céréalière avec la deuxième transformation de la farine».
Perspectives et enjeux pour le Gabon
Cette acquisition comporte plusieurs dimensions stratégiques. Pour Somdia, elle finalise son recentrage sur l’agriculture et la première transformation en Afrique. Pour le groupe Avos, elle marque une étape dans sa stratégie d’expansion continentale.
Pour le Gabon, les enjeux concernent la sécurité alimentaire du pays. La SMAG joue un rôle central dans la production de denrées de base. Ce qui amène à des questions sur l’évolution des prix et les stratégies d’approvisionnement. Les autorités gabonaises avaient d’ailleurs rappelé par le passé «la nécessité de maintenir les prix convenus» et que «toute augmentation de prix sera sanctionnée conformément aux dispositions prévues par la loi».
Des interrogations subsistent toutefois sur l’avenir de la Fondation SMAG, lancée en 2024, qui œuvrait au développement des communautés locales à travers des initiatives en santé, éducation et entrepreneuriat. Cette acquisition illustre une tendance plus large de restructuration du secteur agro-industriel africain, avec l’émergence de groupes panafricains dans des secteurs traditionnellement dominés par des capitaux européens.
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7 Commentaires
« ON VA encore FAIRE COMMENT ? »
Et quelqun de répondre : « On va faire autrement. »
Vive le CTRI en version PDG recomposé.
Pour ma part c’est simplement scandaleux et incompréhensible que le gouvernement gabonais avait la une opportunité de marquer un coup économique et social dans le processus de développement de notre secteur alimentaire en reprenant cette structure hautement stratégique pour notre sécurité alimentaire. C’est en reprenant la SMAG. Le gouvernement vient d’échouer brillamment
WOW !!!
Et on viendra encore dire que c’est la France le problème…..
Pays souverain ? vendu aux Indiens, Libanais, Chinois et maintenant Ouestaf…..
Les entreprises françaises sont entrain de foutre le camp des pays de la zone CFA. C est ça qui est la vérité
Ou sont les milliardaires Gabonais pour reprendre la SMAG? c’est la question que vous devez vous poser. arreter de systematiquement indexer le CTRI..tous les Gabonais qui ont volés l’argent du Gabon et qui sont milliardaires ne peuvent ils pas se mettre ensemble pour racheter la SMAG et la faire fonctionner? vous pensez que l’Etat va toujours tout régler pour vous? quand le Gabon a racheté ASSSALA vous avez critiqués à n’en point finir.
vous ne voulez plus les francais maintenant il s’agit d’une copperation SUD-SUD, il revient aux Gabonais (secteur privé) de faire une offre a la SMAG superueire a celle des ivoiriens c’est tout, sinon cela n’a rien avoir avec le CTRI.