Affaire Bilie-By-Nze : après plus de six mois de détention, l’interrogatoire tant attendu
Ce jeudi 5 novembre, les couloirs du palais de justice de Libreville ont accueilli une étape très attendue dans la procédure visant l’ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze. Assisté de Me Sarah-Ognyane, l’un de ses conseils, l’ancien chef du gouvernement a été entendu, pour la première fois, au fond par le juge d’instruction, depuis son placement en détention préventive le 16 avril dernier. Une audition intervenue après plusieurs mois de demandes de la défense.

L’un des avocats de l’ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, Me Sarah-Ognyane, devant le palais de justice de Libreville. © GabonReview
Au palais de justice, Alain-Claude Bilie-By-Nze a été interrogé, ce jeudi 5 novembre, dès 9 heures, assisté de l’un de ses avocats, Me Sarah-Ognyane. Détenu depuis le 16 avril 2026, l’ancien Premier ministre attendait, depuis bien des mois, cette audition réclamée par sa défense. «Tout s’est très bien passé», a affirmé l’avocat.
Audition tardive, mais nécessaire au respect des droits de la défense
Entamé à 9 heures, cet interrogatoire, a fait savoir l’avocat, a notamment porté sur les déclarations de madame Baba Ramatou, préalablement entendue le 27 avril 2026. Selon Me Sarah-Ognyane, son client a pu apporter des éclaircissements sur les faits qui lui sont reprochés. «Il l’a interrogé. Il lui a posé la question par rapport aux déclarations de Mme Baba Ramatou. Tout s’est très bien passé», a indiqué l’avocat, qui juge cette audition tardive, mais nécessaire au respect des droits de la défense.
La procédure est ainsi désormais entrée dans une nouvelle phase. La prochaine étape pourrait être une confrontation entre Alain-Claude Bilie-By-Nze et Baba Ramatou afin de comparer leurs versions respectives dans le respect du principe du contradictoire. Suivront, selon l’avocat, le procès-verbal de confrontation, l’enquête de moralité auprès de ses proches, puis le dépôt des mémoires de la défense. Le juge devra alors décider d’un non-lieu, entraînant sa libération, ou d’un renvoi devant le tribunal correctionnel. «C’est le juge, en ce moment-là, qui est le maître des horloges», a indiqué Me Sarah-Ognyane, qui espère un règlement avant l’expiration du nouveau délai de six mois.
«Physiquement, il est très bien, psychologiquement, il est en place»
Concernant l’état de son client, détenu depuis plus de six mois, le conseil se veut rassurant sur le plan physique. «Physiquement, il est très bien, psychologiquement, il est en place», a-t-il dit, tout en reconnaissant que la détention peut peser moralement sur un homme qui n’a jamais souhaité se retrouver dans cette situation. Il a toutefois dit constater une évolution vers l’épilogue de la procédure.
Me Sarah-Ognyane a également tenu à dissiper la polémique autour de sa visite à la prison centrale, après avoir personnellement reçu la notification de l’interrogatoire. Accusée sur les réseaux sociaux d’avoir agi discrètement, voire sans associer les autres avocats, il a expliqué s’être rendu auprès de son client le mercredi, conformément aux jours autorisés, pour le préparer à l’audience. «Je ne suis pas un clandestin, je suis dans la procédure. Je suis le conseil d’Alain-Claude depuis le 16 avril 2026», a-t-il répliqué.
«Chaque avocat reçoit individuellement sa notification»
Précisant que chaque avocat s’est constitué individuellement et non dans un collectif, il estime qu’il ne lui appartenait pas d’informer les autres conseils : «chaque avocat reçoit individuellement sa notification», a-t-il fait savoir, relevant que s’il a été contacté c’est peut-être au regard de ses récentes demandes des 15 et 26 octobre 2026 qui demandait au juge d’instruction de recevoir son client en interrogatoire. «J’ai fait deux demandes. Celle du 15 octobre 2026 qui demandait au juge d’instruction de recevoir mon client en interrogatoire et j’ai relancé le 26 du même mois. Je l’ai formulé avec Maître Eyoghé. Je crois que sur la base de ça, je ne me justifie pas à sa place, le juge a estimé qu’il pouvait nous notifier pour l’interrogatoire à l’inculpé», a-t-il expliqué. Son objectif immédiat est désormais d’obtenir, dans les meilleurs délais, l’organisation de la confrontation.

















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