Préservation des écosystèmes : Pour ses efforts, le Gabon exige plus de financements

Représentant le chef de l’État lors du sommet de haut niveau à la COP29 à Bakou (Azerbaïdjan), mercredi 13 novembre, Joseph Owondault Berre a fait valoir les efforts du Gabon dans la lutte contre le changement climatique. S’il a rappelé que les initiatives de son pays bénéficient à toute la planète, dans son discours, le vice-président de la transition a dit attendre davantage de la communauté internationale, particulièrement des pays identifiés comme les principaux pollueurs. «Le Gabon, comme beaucoup d’autres pays en développement, ne pourra continuer de maintenir un tel niveau d’engagement si la solidarité internationale ne se matérialise pas», a prévenu le numéro 2 gabonais à la tribune.

Le vice-président de la transition, Joseph Owondault Berre lors de son intervention à Bakou, le 13 novembre 2024. © Capture d’écran/Gabon 1ère
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Au moment où nous nous réunissons à Bakou, l’humanité continue de faire face à des défis environnementaux sans précédent. En effet, la perte de la biodiversité s’accélère avec près de 70 % des populations d’animaux sauvages qui ont disparu. Le dérèglement climatique se poursuit avec des records de température en constante augmentation et cette année qui a connu l’été le plus chaud ne saurait nous démentir. Les pollutions se multiplient à travers le monde, particulièrement par les plastiques qui représentent plus de 85 % des déchets marins. Ce contexte sans précédent touche toutes les régions du monde sans exclusive.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Le multilatéralisme est l’ultime arme que nous possédons dans cette guerre encore longue et à l’issue incertaine. Les générations passées ont souvent péché par méconnaissance. Aujourd’hui, nous avons la connaissance, disposons des stratégies et des moyens. Et les solutions sont bien entre nos mains sur le plan technologique avec notamment le déploiement des énergies renouvelables et l’agro-écologie sur le plan écologique avec les solutions fondées sur la nature à travers le rôle fondamental joué par nos forêts et nos océans. Et, excellence mesdames et messieurs, sur le plan financier, malgré une légère baisse en 2022, la richesse mondiale continuera d’augmenter lors des 3 à 5 prochaines années. Fort de tout cela, nous ne pouvons avoir droit à l’échec.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
La population gabonaise subit l’élévation du niveau de la mer. L’augmentation des inondations et les changements dans les régimes de précipitation. Tout cela affecte durablement la qualité de vie de nos populations, exacerbe les conflits entre l’homme et la faune. En réponse, notre pays n’a pourtant eu de cesse d’agir pour la planète et pour la nature. C’est ainsi que notre couvert forestier est demeuré stable et que nous n’avons ménagé aucun effort pour bâtir un réseau important d’aires protégées terrestres et maritimes. Aujourd’hui, je réaffirme l’engagement profond de mon pays.
A cet effet, notre peuple est appelé à voter par référendum dans 3 jours une nouvelle constitution qui consacre «l’intérêt profond aux enjeux écologiques environnementaux des changements climatiques et de la protection des écosystèmes». Cela démontre encore une fois que nos discours devant la communauté internationale sont systématiquement corrélés à une réalité nationale. Toutefois, le Gabon comme beaucoup d’autres pays en développement ne pourra continuer de maintenir un tel niveau d’engagement si la solidarité internationale ne se matérialise pas. La survie de la planète dépend autant de nos écosystèmes que du respect des engagements des pays dont la responsabilité historique est engagée. La pérennité de notre action est indéniablement conditionnée par une architecture financière mondiale plus ambitieuse ; cela passe notamment par la réforme profonde du système financier international vers une économie mondiale plus verte, l’innovation et la flexibilité dans les mécanismes de financement de l’action climatique, notamment à travers la dette, la prise en compte du capital naturel dans la notation souveraine de nos États, la définition et le respect d’un nouvel objectif financier mondial ambitieux et équitable.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
La crise climatique exige une action collective fondée sur la confiance, l’équité et une responsabilité partagée. J’ai donc l’intime conviction que nous saurons tous ensemble dépasser nos intérêts individuels pour donner à l’humanité une fois encore la possibilité de démontrer sa grandeur face aux crises mondiales.
Je vous remercie.

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