Le film « Underground » au Gabon

Le film «underground» au Gabon connaît un engouement certain depuis la fin des années quatre vingt dix. Parmi ses pionniers l’on peut compter Pierre Ndongo  avec son film  La Mamy Watta noire, et Gauthier Révignet  avec Yamba  bien qu’étant demeuré à ce jour inachevé. Deux films tournés dans le début des années quatre vingt. Pierre Ndongo visionnaire, assisté de Marcel Sandja, crée en 1981 l’association des jeunes cinéastes amateurs.

Scène de tournage du moyen métrage “Tréfonds“ de Marcel Sandja.

Marcel Sandja alors étudiant à l’université, réalise un certain nombre de films amateurs, dont Tréfonds (1983) produit par la RTG1 grâce à Maurice Tchikaya, alors Directeur des programmes. André Ottong, Patrick Bouémé et Michel Ndaot en sont les comédiens principaux. L’influence de Marcel Sandja à l’égard d’André Ottong qui l’assistera comme technicien et Patrick Bouémé, sera grande.

André Ottong – Photo Imunga Ivanga

Mais c’est André Ottong qui donnera ses «lettres de noblesse» au genre. Notamment avec Sy (1998), la Cithare (1999), Confessions finales (2008) et la série La chambre des filles. Dans son sillage, Patrick Bouémé et son feuilleton Shanice apparaît également comme l’un de ceux qui ont réussi à faire entendre la voix de créateurs qui sans être marginalisés ont entrepris de s’affirmer dans un cinéma qu’ils veulent plus accessible à la fois par son contenu et ses moyens de productions et d’exploitation.

Il est difficile de ne pas faire un parallèle avec les productions de nholliwood. Les nouvelles technologies et l’accessibilité des coûts en matière d’investissement et d’équipement, un certain talent à se débrouiller, qui font de la vidéo un média particulièrement adapté à notre environnement et de ses auteurs, des affranchis.

Tout comme le film vidéo au Nigéria, l’élément caractéristique de ces films ne repose pas sur leur qualité esthétique pas toujours très aboutie, mais sur le fait qu’ils développent un cinéma très populaire avec des intentions commerciales pleinement assumées.

La plupart de ces films ressemblent à des productions télévisuelles plutôt qu’à du cinéma. Mais déjà l’on peut observer des écarts entre ceux qui sont faits de manière rudimentaire et d’autres plus professionnelle. Ils contribuent également au développement des pratiques audiovisuelles. Ils ont ainsi pris le relais du cinéma gabonais sur pellicule. Du moins, il évolue aux côtés de celui-ci. Depuis bientôt cinq années l’on peut ainsi assister à un véritable boum. Des noms et des titres deviennent ainsi familiers notamment avec Melchy Obiang qui travailla avec André Ottong, Van Mabadi qui lui travailla avec Patrick Bouémé,  Maggic Youngou, Dominique Donatien Mpoumba.

Les thèmes similaires à ceux de nolhywood oscillent entre histoires sentimentales, fantastique et tensions sociales qui portent sur la corruption, la prostitution, la drogue, la violence, des pratiques occultes qui engendrent un danger mortel, etc. Sous tendu à la fin par une morale obligatoire. Ils sont conçus pour plaire et être consensuels d’où l’intérêt de ce nouvel art populaire promis à un avenir radieux.