C’est, du moins, ce qu’affirme le spécialiste des forêts chez Greenpeace France, Frédéric Amiel, au micro de Radio France internationale, en marge du Congrès forestier mondial organisé par l’Organisation des Nations-unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

© palmwatchafrica.org

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«Le Gabon se lance dans le développement d’immenses projets agricoles qui sont une menace non seulement pour la biodiversité, mais aussi pour les populations forestières qui pâtissent aujourd’hui de l’empiètement des projets agricoles», a déclaré le spécialiste des forêts chez Greenpeace France. En choisissant l’agriculture comme outil de diversification de l’économie et de la lutte contre le chômage des jeunes estimé à 30%, le pays ne mesurait certainement pas les risques de déforestation rapide auxquels il s’expose. A travers la Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (Graine), c’est plutôt la production agricole nationale qui est priorisée.

N’empêche, cette option n’est pas toujours compatible avec les enjeux écologiques. Et pour cause : en 25 ans, la planète a perdu 129 millions d’hectares de forêts, soit l’équivalent de la superficie de l’Afrique du Sud, où se tient, jusqu’au 11 septembre prochain, le XIVe Congrès forestier mondial. Selon le rapport sur «l’évaluation des ressources forestières mondiales 2015 », présenté à l’ouverture des travaux, l’une des principales causes de la déforestation, bien que conduite à un rythme bien moins rapide, réside dans l’action de l’homme, notamment la pratique de l’agriculture qui représente 80% du déboisement. Et le continent africain n’est pas épargné. «Donc, même si le Gabon continue d’être un pays avec un fort couvert forestier, c’est un pays où l’exploitation du bois continue à se faire pas toujours dans de bonnes conditions et où en plus les fronts agricoles se développent plutôt plus vite que dans les pays voisins», a conclu Frédéric Amiel.

Cinq pays du continent figurent dans la liste des dix nations où la déforestation est la plus rapide au monde. Il s’agit, entre autres, de la Sierra Leone, du Liberia, de la Guinée et de la Guinée-Bissau. L’exploitation du bois, l’agriculture intensive, notamment l’huile de palme, produit le plus consommé au monde, en sont les principales causes.