Depuis une quinzaine de jours, des informations peu réconfortantes sont rapportées par des passagers ayant récemment emprunté les vols de la compagnie Air France. Que se passe-t-il

De plus en plus d’incidents enregistrés depuis le début du mois de juin 2018 sur les vols Air France Paris-Libreville-Paris. © D.R.

 

Après un incident enregistré dans la nuit du 2 au 3 juin 2018 à l’aéroport international Léon Mba de Libreville sur un vol Air France, les responsables de cette compagnie française s’étaient rendus chez le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, pour rassurer le gouvernement gabonais sur l’efficacité et le professionnalisme de cette entreprise. Mais, moins d’une semaine après, d’autres incidents sont survenus.

Selon certaines sources, ces incidents seraient liés à la qualité de la «solution de substitution» proposée par Air France pour contourner la grève de son personnel. Face aux grèves répétitives des agents enregistrés au sein des dix syndicats composant l’intersyndicale des personnels opérant avec Air France, la compagnie aurait opté pour la sous-traitance. La qualité de celle-ci serait à l’origine des incidents survenus ce dernier temps.

Dans un courrier du 14 juin 2018 publié sur sa page du réseau social Facebook, Hervé Serol, Conseiller consulaire pour le Gabon et Sao Tomé, Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger et Sandra Bellon-Gorayeb, un autre Conseiller consulaire pour le Gabon et Sao Tomé, attirent l’attention de la présidente de Air France, Anne Marie Couderc et du directeur régional Afrique centrale, Frédéric Descours.

Dans cette lettre, ils rappellent que depuis le 1er juin 2018, Air France a choisi d’assurer la ligne quotidienne Libreville-Paris en affrétant un A340-300 et les équipages de la très jeune compagnie Air Belgium. «Cette situation alarme sérieusement les usagers qui depuis plus de 50 ans faisaient confiance à Air France», ont-ils dénoncé avant de noter que «les voyageurs s’étonnent que cette ligne, une des plus chères d’Afrique, soit la seule à subir ce service low cost depuis maintenant 15 jours».

Pis, les deux signataires relèvent pour le dénoncer, en outre, qu’«en deux semaines de vols opérés par Air Belgium, les incidents s’accumulent». Ils citent trois pannes techniques, deux rotations annulées, des vols ne décollant pas à l’heure, ce qui a entrainé de nombreuses correspondances ratées, des parkings reculés de l’appareil à CDG, transit plus court et encore plus de problèmes de correspondances, de même qu’ils relèvent l’absence d’assistance au sol et que certains passagers n’ont pas eu de prises en charge.

L’autre élément dénoncé repose sur le personnel à bord inexpérimenté et peu aimable, tout comme le confort de l’avion, très loin des standards B777 Air France.

Malgré tous ces désagréments, soulignent les Conseillers, il n’y a pas eu d’ajustement des tarifs. Hervé Serol et Sandra Bellon -Gorayeb ont demandé au directoire d’Air France «de rétablir dans les plus brefs délais les vols opérés par Air France B777 et de garantir aux voyageurs la sécurité, le service et l’assistance pour lequel ils ont choisi de voyager avec la compagnie française».

Le ministre gabonais des Transports a également saisi le directeur régional Afrique Centrale pour dénoncer «la qualité des vols opérés par Air Belgium». Dans une correspondance datée du 14 juin 2018, Justin Ndoudangoye a exprimé son «mécontentement» quant à la qualité des vols sur la ligne directe entre Libreville et Paris. Qualifiée «d’inacceptable», Justin Ndoudangoye a relevé que cette situation n’est survenue dans aucun autre État de la sous-région desservi par Air France. Il a exhorté le directeur régional d’Air France à «prendre les dispositions nécessaires pour un retour en exploitation des vols aéronefs dans les plus brefs délais».

Le directeur régional Afrique Centrale Air France lui assuré que «malgré ce contexte, toutes les mesures sont en cours pour que cet affrètement puisse prendre fin à partir du mercredi 20 juin 2018 avec un retour à opération avec un appareil Air France».