Prévu le 22 décembre à Awendjé, dans le 4e arrondissement de Libreville, le retour du leader du mouvement affilié à la Coalition pour la nouvelle république (CNR) n’a pas eu lieu. Une manœuvre politicienne ?

Henriqué Mamboundou (au centre), membre de Brakata, lors d’une déclaration en mai 2016 à Libreville. © Gabonreview

 

Aphone depuis plusieurs mois, le leader du mouvement La Voix du peuple est sorti de son mutisme, annonçant son retour pour le 22 décembre. «Le mot révolution m’intéresse plus que résistance. Je n’ai pas envie de résister pendant 50 ans, je préfère mener ma révolution et contribuer à libérer le Gabon», avait affirmé Enriqué Mamboundou, dans une vidéo publié sur les réseaux sociaux à cet effet.

Prévu le 22 décembre dernier au terrain de basket d’Awendjé, dans le 4e arrondissement de Libreville, ce retour n’a pas eu lieu. L’accès du site ayant été interdit aux sympathisants du leader du mouvement proche de la Coalition pour la nouvelle république (CNR). Un acte qui a marqué l’indignation du président de la Voix du peuple qui s’en est pris ouvertement à un autre membre de la CNR, auteur selon lui de cet acte de «boycott».

«Quelle est la différence entre Ali Bongo qui empêche à Jean Ping de tenir son meeting à Ntchoréré et Alexandre Barro Chambrier qui fait fermer le portail de ce lieu», a demandé Enriqué Mamboundou. «Cela prouve l’immaturité des pseudo-opposants devenus, dans le véritable combat de libération de ce pays du système qu’ils ont façonné et nourri de cruauté. J’ai loué ce lieu pour tenir mon discours de retour dans le combat, en présence de ces jeunes ngozistes (mouvement de jeunes du Lycée technique national Omar Bongo, ndlr)», a-t-il ajouté.

Une manœuvre loin de le décourager dans son combat.  «Nous ne nous déroberons point de ce combat qui a pour objectif de donner la voix aux enfants de pauvres que nous sommes. Ce pays est nôtre et nous lutterons pour sa libération», a déclaré Enriqué Mamboundou.

Approché, le camp d’Alexandre Barro Chambrier a démenti son implication dans cette «manœuvre». Le conseiller en communication du président du Rassemblement héritage et modernité a estimé que son président n’est ni le maire du 4e arrondissement, ni le député. Il n’a donc plus la main mise sur cet espace. «Si Enriqué Mamboundou dit avoir loué cet endroit, il est clair que seules les personnes auprès desquelles il a remis son argent sont habilités à lui interdire l’accès à cet espace public», a fait savoir Joyce Laffite.

En dépit de cet imbroglio, le président de la Voix du peuple a donné rendez-vous aux jeunes venus l’écouter pour une date ultérieure.

Auteur : Alain Mouanda