Profitant de l’occasion de la présentation des vœux au président de la République, la présidente du Sénat a invité les Gabonais à reconnaître leurs erreurs et à accepter la main tendue d’Ali Bongo. Seuls gages, selon elle, d’une sérénité pour le Gabon en cette nouvelle année.

Lucie Milebou-Mboussou, présidente du Sénat. © D.R.

 

A l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de son institution au président de la République, le 4 janvier, Lucie Milebou-Mboussou, présidente du Sénat, contrairement à d’autres, n’a pas nié «les tensions politiques de toutes sortes, la rareté des financements, la forte vulnérabilité des recettes d’exploitation de nos matières premières [et] le poids de la dette extérieure» auxquels est confronté le Gabon depuis plusieurs mois. Pourtant, la sénatrice s’est dite convaincue que seul un climat sociopolitique apaisé peut permettre au pays de surmonter ces difficultés. Aussi, a-t-elle invité les Gabonais à prendre exemple sur Ali Bongo : «avoir le courage de faire face à (leur) propre vérité».

Non moins dithyrambique à l’endroit du président de la République, Lucie Milebou-Mboussou a présenté le dialogue proposé par Ali Bongo comme une occasion «d’affiner notre diagnostic, sans complaisance, mais sans outrance, afin de proposer des réponses justes, raisonnables et efficaces». Pour la présidente du Sénat, «l’invitation et la main tendue à tous les acteurs politiques à construire ensemble s’inscrit dans la vocation de nos traditions bantoues, qui privilégient la parole au corps de garde, pour des solutions idoines aux intempéries politiques  et sociales que peut subir notre pays». Aussi, a-t-elle loué le courage du chef de l’Etat d’avoir appelé à un «dialogue inclusif et sans tabou».

«A travers des échanges féconds entre majorité et opposition, entre filles et fils d’un même  peuple, dans la tolérance et l’esprit de dialogue, nous rassemblons nos idées et nos imaginations créatives, pour trouver des réponses aux problèmes qui ne manquent jamais de surgir dans une jeune démocratie comme la nôtre», a-t-elle soutenu. Une invite adressée aux Gabonais de tous bords, visant à renverser les «murs de honte, de haine, d’intolérance pour en faire des ponts, des voies de passage, de dialogue, des accès au bon vivre ensemble». Et la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football qu’accueille le Gabon dans moins de dix jours, a espéré la sénatrice, est une parfaite opportunité pour les Gabonais d’oublier leur adversité…du moins en théorie.