La cérémonie des vœux 2017 des hommes de médias au président de la République, le 5 janvier dernier, a été l’occasion pour ces derniers de relever des avancés dans le secteur. Le chef de l’Etat a appelé les hommes des medias à plus de professionnalisme et de responsabilité.

Ali Bongo devant les professionnels des médias, le 5 janvier 2017 à Libreville. © Presse Présidentielle

 

Dans la foulée des vœux de nouvel an que reçoit le couple présidentiel depuis le 4 janvier, le tour est revenu le 5 janvier aux hommes des médias de se plier à la règle. Si la représentante de la corporation, Patricia Lydie Mouellet, a relevé des avancées, elle a également mis l’accent sur les freins qui plombent l’exercice de ce métier au Gabon. En retour, Ali Bongo Ondimba s’est fait incisif, dénonçant ce qui frise l’absence de professionnalisme, de responsabilité, prodiguant des conseils et appelant au respect de la déontologie.

Dans son adresse au chef de l’Etat, Patricia Lydie Mouellet a fait remarquer que les hommes de médias considèrent le nouveau Code la communication comme un élément de restriction de la liberté de la presse au Gabon. «Le nouveau Code de la communication entré en vigueur le 2 janvier dernier est une avancée notable dans la volonté des pouvoirs publics de réguler et d’organiser la presse. Cependant, il comporte des contradictions réelles au bon fonctionnement de la presse privée, notamment au niveau des articles 180, 95, 94, 91, 44 et 20», a-t-elle déclaré. Elle a également appelé l’attention du chef de l’Etat sur la question de financement des médias. «Pour cette nouvelle année, nous souhaitons que l’aide financière octroyée à la presse écrite privée, soit étendue à l’ensemble de la presse privée». Ce qui intègrerait les médias numériques. Une subvention qui n’est toujours pas distribuée aux médias au titre de l’année 2016.

Patricia Lydie Mouellet,lisant les vœux de la presse. © Presse Présidentielle

Si certaines dispositions du nouveau Code interdisent aux Gabonais résidant à l’étranger de diriger les titres au Gabon, d’autres exigent que les pseudonymes des journalistes soient déposés au Conseil national de la communication (CNC) assortis de leurs noms inscrits à l’état civil. Des dispositions rétrogrades qui tracent la matrice de l’inquisition, laquelle tuera la presse. Contrairement à ce que prétendent ses rédacteurs, ce Code n’a pas vocation d’assainir la corporation et donner plus de clarté et de ressorts pour le développement des entreprises de presse.

Sans trop s’étendre sur ce sujet, Ali Bongo a prôné la «rigueur professionnelle» et la «responsabilité» qui épargneraient les journalistes des poursuites de tous ordres. «Oublier le sacro-saint principe selon lequel les faits sont têtus pour un homme de presse, est un grave manquement à la profession, dont l’exercice est codifié et encadré par des règles et des lois», a déclaré Ali Bongo.

Ce dernier pense que «trop d’organes de presse nationaux continuent à faire, dans leurs articles, l’apologie de la haine et de la division. Ces pratiques, loin de grandir ceux qui en sont les promoteurs et adeptes, trahissent plutôt leur haut degré de militantisme au service d’intérêts qui sont loin d’être ceux de leur noble profession», a-t-il fustigé. Pour le chef de l’Etat, «cette façon d’user de la liberté de presse pourtant effective dans notre pays, ne participe nullement à la bonne information et à l’éducation du peuple gabonais».

Ali Bongo a invité la presse à plus de rigueur professionnelle et à faire preuve de disponibilité à toute épreuve pour la recherche permanente de l’information, son traitement et son équilibre avant sa publication, conformément à la déontologie du métier.