Un an après son élaboration avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Gabon s’apprête à adopter un Guide national de prise en charge global des victimes de violences sexuelles. La modification dudit document a récemment eu lieu avec les experts du ministère de la Santé.

Un guide de prise en charge globale des victimes de violences sexuelles bientôt adopté au Gabon. © Getty Images

 

Les travaux liés à l’élaboration d’un Guide de prise en charge global des victimes de violences sexuelles au Gabon semblaient avoir été abandonnés ces derniers mois. Ils ont repris, mardi 13 mars à Libreville, à la faveur d’un atelier de modification et de validation ayant réuni des experts gabonais du ministère de la Santé et ceux de l’OMS. Au bout, les deux parties espèrent faire adopter leur document par le gouvernement dans les meilleurs délais. Ils ont assuré que la question préoccupe les autorités gabonaises depuis plusieurs années. Les chiffres liés aux violences sexuelles, selon Dr Jonasse Solange Antimi, sont alarmants.

«Les résultats de l’enquête démographique et de santé de 2012 ont montré que 21% des femmes ont subi une violence sexuelle au Gabon. Parmi celles-ci, 43% ont chercher de l’aide ; mais il y a eu comme un vide, qui a décidé la ministre d’Etat (Denise Mekam’ne, ndlr) à nous instruire d’élaborer un document qui permettra, au niveau national, de prendre en charge les victimes de violences sexuelles», a informé la directrice nationale de la Santé maternelle et infantile.

La première mouture du Guide soumise à examen, le 13 mars, à Libreville. © Gabonreview/Capture d’écran (Gabon 1ère)

En élaboration depuis mars 2017, ce guide identifiera les différentes prises en charge offertes aux victimes. Pour Ghislaine Kafondo Conombo, représentante de l’OMS au Gabon, il s’agira notamment des prises en charge communautaire, psychologique, sociale, médicale et juridique. Dans le même document, les experts proposeront un projet d’arrêté portant prise en charge globale des victimes de violences sexuelles. Les mêmes experts disent fonder beaucoup d’espoir sur l’adoption de ce guide par le gouvernement. D’autant plus que pour eux, «prendre en charge, c’est déjà faire de la prévention». Pour Hugues Mbadinga, expert en Intégration du genre dans les politiques sociales, «mieux les gens appréhenderont ce guide, mieux ils sauront comment prendre en charge les victimes et leurs parents».