Revenant sur les causes de la vie chère du point de vue de sa structure, le président de la Confédération patronale gabonaise (CPG) a égrainé, le 7 septembre 2017 à Libreville, des pistes de solution contre la hausse généralisée des prix dans le pays. Alain Ba Oumar a ainsi proposé de «baisser les facteurs de production, mettre en œuvre le plan d’apurement de la dette intérieure et enfin, rendre opérant le Haut conseil de l’investissement (HCI)».

Alain Ba Oumar, président de la Confédération patronale gabonaise (CPG), le 7 septembre 2017 au CES. © Gabonreview

 

La deuxième session annuelle du Conseil économique et social (CES) s’est poursuivie le 7 septembre à Libreville avec l’intervention du président de la Confédération patronale gabonaise (CPG), autour du thème «La crise économique et son impact sur le pouvoir d’achat des populations». Lancés 78 heures plus tôt, les travaux de cette session tournent en effet autour de trois thématiques : la crise financière, le Plan de relance économique (PRE) et les conséquences de la pollution.

Les deux premières thématiques ont ainsi constitué l’ossature de l’intervention du patron des patrons du Gabon. Selon Alain Ba Oumar, la crise économique que traverse actuellement le pays, du fait de la baisse drastique des cours du pétrole, est l’une des causes évidentes de la vie chère. «La baisse générale de l’activité économique qui en découle oblige aussi bien l’Etat que nos entreprises à ajuster leurs dépenses du fait de la baisse constatée des recettes», a affirmé le président de la CPG.

Alain Ba Oumar, le 7 septembre 2017 au Conseil économique et social (CES). © Gabonreview

Pour surmonter cette situation l’Etat prévoit ainsi de baisser son train de vie, et emprunter pour donner une bouffée d’oxygène aux entreprises, en apurant la dette intérieure. «Les entreprises, qui attendent en vain la matérialisation des engagements du gouvernement relatifs à l’apurement de la dette intérieure, sont asphyxiées financièrement aujourd’hui, et n’ont d’autre choix pour s’adapter à la crise que de baisser leurs charges de fonctionnement et reporter certains investissements», a déploré Alain Ba Oumar.

Du coup, nombre d’entreprises sont de plus en plus obligées de procéder à des licenciements économiques pour survivre, à défaut de cesser leurs activités. «Ces ajustements nécessaires, opérés aussi bien par le secteur privé que l’Etat, non seulement détruisent le pouvoir d’achat des ménages par la diminution des avantages octroyés aux travailleurs ou par la perte pour certains de leurs emplois, mais ils obligent également les entreprises, faute de demande pour leurs produits et services, à augmenter leurs prix pour tenter de couvrir leurs charges incompressibles», a-t-il expliqué.

Résultat des courses : la flambée des prix s’est littéralement généralisée. Toutefois, la crise économique à elle seule ne saurait justifier cette flambée des prix. En effet, la CPG est également d’avis que celle-ci est aussi causée par «la mauvaise qualité du climat des affaires, illustrée entre autres par le non remboursement de la dette intérieure et la parafiscalité».

«La dette intérieure, lorsqu’elle s’accumule comme c’est le cas aujourd’hui, crée au sein de nos entreprises des tensions de trésorerie, qui les oblige à recourir, pour celles qui le peuvent, aux concours bancaires. Cela génère des frais financiers qui s’ajoutent à leurs charges normales et qu’elles ne manquent pas de répercuter sur les prix des biens et services mis à la consommation», a détaillé Alain Ba Oumar.

Dans le même sens, l’intervenant a signifié que la parafiscalité, représentant un ensemble de taxes prévues ou non par la loi décidées pour pallier aux insuffisances de l’Etat, est ponctionnée «dans les revenues des ménages, diminuant ainsi leur pouvoir d’achat,  sans que leur bénéfice au profit des populations soit perceptible». Tout comme les coûts élevés des facteurs de production (capital humain, transport, eau, énergie, télécommunications, etc.), «constituent une autre cause structurelle du renchérissement de la vie».

Après cet exposé, le président de la CPG a estimé que lutter contre la vie chère ne saurait se limiter à pointer du doigt les importateurs et distributeurs. Et leur imposer une mercuriale sur les produits de première nécessité génératrice de dépenses fiscales supplémentaires pour l’Etat.

Selon lui, effet : «le gouvernement doit aussi, s’il veut gagner de manière durable cette bataille au profit du plus grand nombre, agir pour baisser les facteurs de production comme il a su le faire au port d’Owendo, mettre en œuvre sans plus de délai le plan d’apurement de la dette intérieure promis aussi bien au patronat qu’aux bailleurs de fonds, et enfin rendre opérant le Haut conseil de l’investissement (…), mais qui tarde à impulser sérieusement les réformes arrêtées d’accord parties avec le patronat visant à améliorer le climat des affaires».

Sur cette dernière recommandation, le patron de CPG a souhaité un renforcement de la coopération entre sa structure et le CES, afin qu’elles demeurent ensemble des «forces de propositions incontournables aux côtés du gouvernement».