Le feuilleton des femmes commerçantes du marché spontané de l’ancienne gare routière, qui s’étaient dénudées pour revendiquer leur droit, vient d’enregistrer un nouvel épisode. Un flic a été suspendu de ses fonctions.

Morceaux choisis des images de l’indignation. © Capture d’écran/Gabonreview

Morceaux choisis des images de l’indignation. © Capture d’écran/Gabonreview

 

Sur la toile, des images de deux dames dénudées, menottes aux poignets, brutalement aidées à descendre d’un camion de la Police dans la cour de la préfecture de police de Libreville, circulent. Elles alimentent le débat sur les droits de l’homme et le respect de la dignité humaine au Gabon. Le crime de ces femmes ? Avoir décidé de se révolter contre les tracasseries dont elles sont régulièrement victimes dans l’exercice de leur petit commerce. Pour donner de l’impact à leur action, elles s’étaient dénudées en public.

Si ce jour-là, on les avait vues en petites culottes, les vidéos diffusées récemment sur les réseaux sociaux les montrent entièrement dénudées. «Des images indignes», note un internaute qui, parodiant Jean Boniface Asselé, lance un appel à «la communauté internationale, aux organisations de défense des droits de l’homme afin que le monde soit témoin de la barbarie du pouvoir policier du Gabon».

Face à ces images qui n’honorent personne, le ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation, de la Sécurité et de l’Hygiène publique déplore «la façon dont une opération de maintien de l’ordre public a été exploitée à travers des images obscènes sur la toile», annonçant le déclenchement d’une enquête pour faire la lumière sur cette vidéo «immonde qui a circulé sur les réseaux sociaux, montrant des femmes nues interpelées par les forces de l’ordre». «Il en ressort que c’est un policier, gardien de la paix, qui serait à l’origine de ce post. Il a été immédiatement suspendu de ses fonctions par mesures conservatoires», révèle Pacôme Moubelet-Boubeya, ajoutant : «Conformément au code de bonne conduite et à la discipline des forces de police nationale, il sera traduit en conseil de discipline tout comme les complices de cette propagande malsaine».