A la faveur d’une conférence de presse tenue le 22 mai à Libreville, l’Union des syndicats de l’administration publique et parapublique (Usap) a appelé les syndicats et l’ensemble des travailleurs gabonais à l’union sacrée autour de l’épineuse question de la répartition équitable des richesses du pays.

Orage sur Libreville

Par cette démarche, la confédération syndicale dénonce ce qu’elle qualifie d’«injustice sociale et d’inégalité criardes entre les Gabonais». Des maux chroniques dont les solutions passeraient notamment par l’augmentation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), le relèvement du point d’indice, la régularisation des situations administratives et financières pendantes.

Le groupement syndical a également évoqué le versement aux retraités de la prime de service rendu, non sans exhorter le gouvernement à veiller au contrôle des prix pour mettre fin à l’anarchie qui gangrène actuellement le marché. «Si aucune réponse positive n’est apportée à ces revendications, l’Usap, avec de ses syndicats, se réserve le droit d’engager toute action visant à les faire aboutir», a averti Fridolin Mvé Messa, président de l’Usap, relayé par le quotidien L’union.

Par ailleurs, a commenté Fridolin Mvé Messa, «les indicateurs économiques, sans bases fiables, estiment que la situation du Gabon est à l’embellie, avec un taux de croissance qui se situerait autour de 5,4% et un prix du baril de pétrole au-dessus de 100 dollars américains. C’est à juste titre que notre pays est classé 3e en Afrique derrière les Seychelles et la Guinée Equatoriale, avec un PIB de 11 000 dollars par habitant, soit environ 5,28 millions de francs CFA».

Une réalité rejeté par l’Usap car, estime le groupement syndical, «elle est loin de correspondre au quotidien des Gabonais». Des sources concordantes indiquent que l’incidence de la pauvreté au Gabon est de 25%. Selon l’Enquête gabonaise pour le suivi et l’évaluation de la pauvreté (EGEP), la pauvreté touche 33% de la population dont 30% des personnes vivant en milieu urbain et 45% en milieu rural.