Des cadres de l’Union du peuple gabonais (UPG) ont officiellement lancé, samedi 17 février à Libreville, le courant politique dénommé «Les Mamboundouistes», axé sur l’héritage et les valeurs du défunt président-fondateur du parti dont l’actuel leader est accusé de «tuer le rêve».

Des membres du courant Les Mamboundouistes, dont (de gauche à droite) le conseiller du président, le président et le porte-parole. © Gabonreview

 

Présidé par Guy Constant Titus Koumba, secrétaire politique en charge de la Justice, et soutenu par d’autres cadres du parti, à l’instar de l’ex-ministre délégué à la Culture Jean-Olivier Koumba Mboumba, un nouveau courant est né, samedi 17 février, au sein de l’UPG : «Les Mamboundouistes». «Devant le chemin obscure qu’emprunte désormais (leur) parti», ses membres entendent «revenir aux fondamentaux, pour la crédibilité de l’UPG et la fierté de ses militants». Ce courant envisage notamment de remettre au goût du jour et défendre l’héritage et les valeurs de Pierre Mamboundou.

Quelques membres du courant et des militants. © Gabonreview

«Le rassemblement d’aujourd’hui est un vibrant appel à la prise de conscience de la poursuite du combat politique du président Pierre Mamboundou», a déclaré Jules Boulende, porte-parole du courant, précisant que «le «Mamboundouisme» est un repère historique, une éthique et une vision murement médités pour être en symbiose avec les partisans du vrai changement». Aussi, leur démarche, Les Mamboundouistes, assurent-ils que celle-ci vise à rompre avec l’atmosphère ambiant à l’UPG, vue la qualité du management du président Mathieu Mboumba Nziengui.

L’actuel président de l’UPG, est accusé par certains militants de se détourner du «rêve» du président-fondateur décédé en octobre 2011, et dont les responsables du nouveau courant ont rappelé les trois principales qualités : la clairvoyance, le dévouement total et l’exigence.

Or, des qualités de Pierre Mamboundou, Les Mamboundouistes n’en voient pas beaucoup chez Mathieu Mboumba Nziengui. Ils pointent un «management du «laissez-faire»» de la part du président actuel qui, selon eux, concentre plusieurs défauts : «le manque de vision politique, la violation allègre des statuts et règlement du parti, cultive le clanisme et le népotisme, plongeant ainsi l’UPG dans une léthargie abyssale».

En dépit de tous leurs griefs à l’encontre du président, Les Mamboundouistes continuent de le présenter comme l’unique «chef» de l’UPG dont ils se réclament par ailleurs. Toutefois, les responsables du nouveau courant ont dit être «presque sûrs que (leur) sortie ne fera pas plaisir à certains, qui ont fait de la répression leur arme favorite pour réduire les militants au silence». Ils assurent qu’ils assumeront les conséquences.