Des semaines après leur première sortie officielle, les membres du courant «Les Mambodouistes» sont lancés dans un bras-de-fer avec le président de l’Union du peuple gabonais (UPG) et certains de ses proches, qui les menacent de sanction.

Les Mamboundouistes, déterminés à ne pas se laisser faire dicter la loi par Mathieu Mboumba Nziengui. © Gabonreview

 

A quelques semaines des législatives auxquelles ce parti de l’opposition envisage de prendre part, ce n’est pas le calme plat à l’UPG. Beaucoup s’en faut. Le parti de Pierre Mamboundou court presqu’inévitablement vers une nouvelle scission. La création, il y a quelques jours, du courant baptisé «Les Mamboudouistes» a entamé l’entente entre les «amis» de Jean Olivier Koumba Mboumba, le secrétaire général du parti, et ceux de Mathieu Mboumba Nziengui, le président. Les premiers sont menacés de sanctions depuis le week-end écoulé. Il leur est reproché d’avoir «trahi» un des principes hérités du défunt président-fondateur : ne jamais permettre la création d’un courant au sein de l’UPG.

Mis sur le banc des accusés, Les Mamboudouistes ne se laissent pourtant pas démonter. Ils assurent ne pas être allés à l’encontre des textes du parti, et accusent à leur tour le président et ses collaborateurs de nier la véritable cause des problèmes auxquels est confronté l’UPG depuis l’arrivée de Mathieu Mboumba Nziengui à sa tête.

«Au lieu de faire la politique de l’autruche qui refuse de regarder la vérité en face, Les Mamboundouistes invitent le président de l’UPG à faire sa propre introspection pour voir s’il n’a fait que de bonnes choses depuis qu’il a pris la tête du parti» «Pourquoi depuis le décès du président Pierre Mamboundou le parti n’arrête pas de se déchirer ? » interrogent-ils.

Pour ce courant qui prône le retour aux sources, la source des difficultés du parti n’est pas à chercher. «Il y a eu Moukagni-Iwangou, ensuite Moubamba puis Koumba Mboumba et aujourd’hui il veut s’en prendre aux Mamboundouistes. A-t-on besoin de discourir pendant longtemps pour identifier la source du problème ? Si des cadres du parti décident aujourd’hui de se lever pour dénoncer une certaine façon de faire, c’est que la situation a atteint les limites du tolérable. On a parlé du commissariat à l’Ethique, à la Discipline et à la Solidarité, alors chiche !», a réagi Jean Olivier Koumba Mboumba sur sa page Facebook.

Les Mamboundouistes soutiennent par ailleurs qu’aucun texte de l’UPG n’interdit la création de courant en son sein.