Répondant à l’appel de la confédération syndicale Dynamique unitaire, en guerre depuis plusieurs jours contre certaines mesures du gouvernement liées à la gestion de l’agent de l’Etat, le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo (Snec-UOB) a lancé une «grève générale» ce lundi 9 avril.

Jean-Rémy Yama et Mike Moukala Ndoumou (1er et 2e en partant de la droite), au piquet de grève, le 9 avril 2018. © Gabonreview

 

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C’est reparti pour un tour ! Après quelques semaines de répit, à l’UOB, le Snec est à nouveau entré en grève ce lundi 9 avril. Le syndicat dit avoir répondu à l’appel de la Dynamique unitaire, lancé il y a plusieurs jours contre les récentes mesures annoncées par le gouvernement, qui visent à améliorer la gestion de l’agent public.

Si le syndicat de Mike Moukala Ndoumou doute quelque peu de la bonne volonté des autorités, c’est qu’il soupçonne un plan caché. Aussi, réclame-t-il «l’annulation pure et simple de l’ordonnance du 23 février du Conseil des ministres», instituant le paiement au trentième des fonctionnaires. En campagne ces derniers jours dans différentes administrations publiques, Dynamique unitaire, par la voix de son président, Jean-Rémy Yama, accuse le gouvernement d’avoir adopté «une ordonnance qui a pour objectif de privatiser, militariser et monarchiser l’agent public».

L’autre raison du débrayage du Snec est «la revalorisant des pensions de retraite, conformément au nouveau système de rémunération». Modifié en octobre 2017 au terme de la réunion tripartite (gouvernement-patronat-syndicats), la version actuelle du décret portant revalorisation des pensions ne satisfait pas Jean-Rémy Yama.

«Ce décret plafonne l’assiette du salaire de base à 702 000 francs. Or, la mise en place du nouveau système de rémunération fait en sorte que le salaire de base a augmenté quand la part des primes a diminué. Ce qui était différent avant. Avec la nouvelle redistribution, le maximum du salaire de base de l’agent public est évalué à 1,122 million de francs de manière générale ; et pour un enseignant-chercheur en dernière catégorie, ce salaire de base peut atteindre 2 millions de francs. Pourtant, avec le décret actuel, notre retraite sera calculée de 702 000 francs», explique le président de Dynamique unitaire, se disant surpris de ce que «les prélèvements ont explosé».

La dernière raison justifiant la grève du Snec-UOB est la régularisation des situations administratives, «notamment les reclassements après Cames [Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur, ndlr], qui son bloqués depuis 2014».

Cette nouvelle grève du Snec-UOB n’empêche pas la tenue de la plupart des cours au sein de l’établissement. Seuls quelques membres du syndicat sont présents au piquet de grève érigé devant le portail de l’université… sous le regard vigilant des éléments de la Gendarmerie nationale.