C’est une des principales réformes initiées cette année dans l’enseignement supérieur, et que plusieurs universitaires exhortaient déjà les autorités à adopter.

Comme à l’USS et à l’USTM, à l’UOB le recteur ne sera bientôt plus nommé. © Gabonreview

 

A l’Université Omar Bongo (UOB), à l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM) et à l’Université des sciences de la santé (USS), les recteurs ne devraient plus être nommés par décret présidentiel, comme cela a toujours été le cas. Ce serait une première au Gabon, depuis des décennies. Selon Serge Loungou, il s’agit d’une volonté des autorités gabonaises d’«améliorer la gouvernance dans les universités publiques du pays». Lors d’une sortie, vendredi 8 septembre à Libreville, le conseiller du recteur de l’UOB s’est d’ailleurs étonné de ce que cette «importante réforme» soit passée sous silence au profit de celle liée à l’augmentation des frais d’écolage qui, entre également dans le cadre de l’amélioration de la gestion et des formations au sein de ces établissements.

«Désormais, pour être recteur, il faut candidater», a annoncé le conseiller du Pr Marc-Louis Ropivia, selon qui, les candidats au poste devront obligatoirement être titulaires du grade de maître de conférence au minimum. Chaque candidat devra décliner son projet pour l’université dont il sollicite la gestion, présenter les objectifs de sa candidature, et décliner sa feuille de route.

Selon le processus adopté par le ministère de l’Enseignement supérieur, il est prévu que le conseil d’administration de l’université se regroupe pour évaluer les différents dossiers de candidature. Trois devraient être retenus après que leurs auteurs aient été écoutés et évalués. Chaque candidat devra proposer la liste de ses collaborateurs, y compris à la tête des différents départements, à raison de trois noms pour chacun des postes.

Pour Serge Loungou, l’application de cette réforme devrait permettre d’en finir avec l’«état critique» actuel des universités publiques, qu’il a dit «parmi les plus retardataires du continent voire du monde». En témoigne le dernier classement du magazine Le quotidien de l’économie, dans lequel les universités du Gabon brillent une nouvelle fois par leur absence parmi les 100 meilleurs d’Afrique. La faute au modèle de désignation des responsables de ces établissements, qui n’ont jamais tenu compte ni des compétences managériales ni des véritables aspirations des personnalités nommées, estiment certains dans le corps enseignant. L’on espère d’ores et déjà que l’application de cette réforme sortira les universités publiques de leur état actuel.