En désaccord avec le bureau exécutif du parti depuis l’entrée au gouvernement de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, le Mouvement des jeunes Upégistes (MJU) a annoncé, jeudi 31 mai, son départ de l’Union & Solidarité (US).

Des membres de MJU, le 31 mai 2018, à Libreville. © D.R.

 

La saignée se poursuit à l’US. Après la démission, la veille, des 3e et 4e vice-présidents ainsi que celle d’autres jeunes cadres du parti, le MJU a lui aussi décidé de partir. Le motif est le même que celui ayant poussé Anges Kevin Nzigou, Nicolas Nguema : l’entrée au gouvernement, le 4 mai dernier, de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou. Le mouvement présidé par Elza-Ritchuelle Boukandou accuse le président exécutif de l’US d’avoir violé les textes et règlement de sa propre formation politique.

S’il avait accepté d’évoluer ces dernières années aux côtés des leaders de l’aile dite «loyaliste» de l’Union du peuple gabonais (UPG) avant la dissolution de cette branche, le MJU que ses responsables présentent comme une «organisation autonome» ne se reconnaît plus dans les choix de l’US. Le parti, selon eux, ne correspond plus à l’idée qu’ils se sont fait de la lutte contre «le système Bongo-PDG», qu’ils tiennent pour responsable de la précarité dans laquelle vivent les Gabonais depuis plusieurs décennies. Or, pour le vice-président Régis Manon Eny Ongone, intégrer le gouvernement d’Ali Bongo revient à abdiquer.

Pour la poursuite de son idéal politique, le MJU pourrait rallier un autre parti de l’opposition. Le mouvement pourrait rejoindre «Pour le changement», le nouveau parti lancé le 30 mai par un groupe d’anciens cadres de l’US.

A l’instar de Anges Kevin Nzigou, Nicolas Nguema, Elza-Ritchuelle Boukandou et d’autres, Jean de Dieu Douanis a décidé, lui aussi, de quitter le parti de l’actuel ministre d’Etat à l’Enseignement supérieur. L’ancien Coordinateur fédéral de l’UPG et Coordinateur continental Amériques de l’US au Canada accuse Moukagni-Iwangou et le bureau exécutif de l’US d’avoir «foulé aux pieds» les dispositions des statuts et du règlement intérieur du parti.

«Si les dirigeants d’un parti politique torturent les dispositions des statuts et du règlement intérieur de leur parti pour arriver à leurs fins, quelle garantie peuvent-ils donner dans le respect des lois d’un pays ?», s’est-il interrogé dans sa lettre adressé au vice-président de l’US, disant ne plus se sentir «en conformité avec la nouvelle ligne politique du parti».