En décidant, mercredi 30 mai, de l’irrecevabilité de la plainte de la présidente du Mouvement des jeunes Upégistes (MJU) à l’encontre du président exécutif de l’Union & Solidarité (US), le juge a confondu la question de l’irrecevabilité à celle liée à la compétence sur laquelle il aurait dû se prononcer, affirme Me Anges Kevin Nzigou, avocat de la plaignante.

Me Anges Kevin Nzigou (lunettes de soleil) et Charles-Henry Gey, avocats d’Elza-Ritchuelle Boukandou. © Gabonreview

 

Le procès opposant Elza-Ritchuelle Boukandou à Jean de Dieu Moukagni-Iwangou s’est soldé à la chambre civile du tribunal de première instance de Libreville par le rejet de la plainte de la présidente du MJU. Le juge a prononcé son irrecevabilité, la renvoyant ainsi aux instances de son parti, précisément au commissaire à l’éthique de l’US. Pour ses avocats, cette décision ne constitue pas l’épilogue du litige l’opposant au ministre d’Etat à l’Enseignement supérieur qu’elle invite à quitter sa formation politique après son entrée au gouvernement, le 4 mai dernier. Ils promettent de faire appel de la décision du juge.

Pour Me Anges Kevin Nzigou, le juge de référé s’est fourvoyé. «La question qui lui a été posée lors de la dernière audience était de savoir s’il était compétent à vider le litige opposant la présidente du MJU au ministre-président du parti. Le juge n’a pas répondu à cette question, sinon de manière insidieuse, en évoquant la question de la recevabilité de notre requête. Autrement dit, il n’a pas répondu à la question qui lui a été posée pour répondre à une question qui ne lui a jamais été posée», a regretté le jeune avocat au barreau du Gabon.

«La recevabilité est une notion qui met en cause deux parties. La compétence, quant à elle, met en cause le juge», a précisé l’avocat, estimant que la décision prononcée ce jour «n’est pas conforme à la loi». Le juge, selon les avocats d’Elza-Ritchuelle Boukandou, a requalifié la question posée par la défense puis vidé le litige sans se conformer au Code de procédure pénale.

A l’audience du 22 mai dernier, les avocats de Moukagni-Iwangou avaient choisi de s’appesantir sur la forme plutôt que sur le fond de l’affaire. La plaignante, avaient-ils soulevé, n’a pas respecté la procédure édictée par sa formation politique avant de porter en justice le litige qui l’oppose au premier responsable de l’US. Aussi, avaient-ils estimé que le juge des référés saisi n’était pas habilité à vider le contentieux.