Une pluie d’une rare violence s’est abattue sur Libreville dans la nuit de lundi 4 à mardi 5 juin 2012, entraînant des inondations depuis les quartiers mal loties jusqu’à certaines zones résidentielles.

Innondations le 5 juin à Libreville

Le lundi 4 juin en soirée, la pluie a commencé avec une intensité remarquable dans la zone du port d’Owendo jusqu’au quartier Glass, dans le 4e arrondissement, en  passant par le quartier IAI, dans le 5e. Plus tard aux environs de 19 heures, elle s’est étendue à toute la ville.

Alors qu’on estime être entré, depuis le 15 mai (repère théorique), en pleine saison sèche plutôt propice au tourisme, voilà que cette pluie vient témoigner, sans coup férir, des effets du changement climatique.

A Nzeng-Ayong, lorsque la pluie a marqué un petit de répit, ceux qui n’avaient pas encore rejoint leur domicile ont dû braver des torrents qui avaient gagné parfois toute la surface de la route, sur plus de deux cent mètres. Ainsi, certaines personnes ont eu à patauger dans l’eau jusqu’au niveau des cuisses dans certaines ruelles de cette cité. A certains niveaux, ce sont les caniveaux qui, bouchés ou simplement plein à ras bord, renvoyaient leur eaux torrentielles sur la route avec une forte célérité.

Des maisons, portant bien loties et donc situées en zone aménagée, n’ont pas échappé à ce déchaînement de la nature. Une dame et son conjoint qui habitent une maison d’un haut standing dans le 6e arrondissement ont été surpris avec leur maisonnée de l’invasion, par les eaux, de toutes les pièces de la maison quelques de secondes. Sur le coup, la dame qui suivait un programme d’une chaîne de télévision, s’est jetée à l’extérieur, sous les gouttes d’eau d’une intensité de gravillon, pour comprendre ce qui se passait. Chose incroyable et impensable pour cette famille jusqu’alors.

Elle constatera que le niveau d’eau à l’extérieur atteignait ses tibias et que l’orientation habituelle des écoulements avait été renversée. Raison pour laquelle, sa maison comme toutes celles du voisinage ont été inondées.

En regardant seulement le cas de Nzeng-Ayong où de nombreuses familles, dans les bas-fonds, vont perdre beaucoup de biens, et dormir les pieds dans l’eau, au regard de la montée des eaux qui a atteint les 1,5 m à certains endroits, il est indéniable que le projet d’aménagement du bassin versant de cette localité de la capitale doit rapidement être mis à exécution. Car, il est à constater que même les coins où l’on se sentait à l’abri de l’inondation ont tôt fait d’être envahis, pour peu que la pluie dure plus d’une heure et avec intensité.

Ici les habitations anarchiques qui poussent à tout bout de champ et à un rythme effréné sont à condamner tout comme la mairie qui ne remplit pas convenablement sa tâche. Les conduites des eaux de pluie et usées n’ont pour certaines, pas été curées depuis belle lurette.