Avec la parution de l’Indice de développement humain (IDH) 2013, le Gabon gagne, pour une fois, une place relativement honorable parmi les nations. Pas de quoi pavoiser certes, mais un score de pays à développement humain moyen qui mérite qu’on se penche un peu sur cet indice et ce qu’il représente.

L'IDH, un idice complewe, pas toujours en rapport avec la vie courante © Christian Moussouami/gabonreview

L’IDH, un indice complexe, pas toujours en rapport avec la vie courante © Christian Moussouami/Gabonreview

Évidemment, 106e pays sur 189 ce n’est pas une grande victoire. Toutefois, la complexité de calcul de l’IDH cache quelques bonnes surprises. D’un point de vue global d’abord, avec un IDH assez largement supérieur à la moyenne africaine, supérieur aussi dans sa catégorie des pays à développement humain moyen, et étonnamment similaire à la moyenne mondiale depuis la création de cet indice. Le Gabon n’a donc pas fait de percée fulgurante, mais ne subit pas non plus de revers de bâton perceptible, malgré les difficultés économiques et sociales de ces dernières années.

Les derniers chiffres bruts montrent une légère progression des divers indicateurs : l’espérance de vie est aujourd’hui de 63,1 an, la durée moyenne de scolarisation est de 7,5 années, la population totale serait de 1 563 900 personnes (ce dont on peut douter vu qu’aucune statistique sérieuse n’a permis de déterminer ce chiffre depuis le milieu des années 90) et les gabonais sont équipés de téléphones mobiles à raison de 109 téléphones pour 100 habitants.

Ajusté aux inégalités, l’IDH du Gabon place celui-ci en 65e position et il y a fort à parier que des initiatives comme la CNAMGS y sont pour quelque chose.

Mais en creusant un petit peu plus, de nombreux points restent préoccupants comme l’indice d’égalité de genre, soit la place accordée aux femmes, où le Gabon se retrouve entre l’Iran et le Bostwana, ou l’IDH non monétaire qui montre à quel point le revenu moyen par habitant influence l’indice global… Alors que, ce n’est un mystère pour personne, il masque surtout d’insupportables inégalités.

Les pays en bleu sont ceux dont l'IDH est supérieur à la moyenne © PNUD

Les pays en bleu sont ceux dont l’IDH est supérieur à la moyenne © PNUD

Pour le Gabon, il n’y a pas grand chose de plus à dire sur cet indice, mais le rapport du PNUD, chargé de le calculer, est particulièrement intéressant. Son titre résume assez bien le fond : «L’essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié»

«D’ici 2020, d’après les prévisions établies pour  le  présent  Rapport,  la  production économique combinée de trois grands pays en développement (le Brésil, la Chine et l’Inde) dépassera à elle seule la production cumulée du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Royaume-Uni et des États-Unis. Cette expansion est en grande partie encouragée par de nouveaux partenariats commerciaux et technologiques mis en place entre les pays du Sud eux-mêmes» affirme Helen Clark, administratrice du PNUD, dans un avant-propos.

Elle insiste aussi sur les dangers d’une politique élitiste : «Le  présent  Rapport  sur  le développement humain,  tout  comme  les éditions des années précédentes, insiste sur le fait que la croissance économique ne se traduit pas automatiquement par une amélioration du développement humain. Les politiques en faveur des pauvres et un investissement conséquent dans les capacités des individus (axé sur l’éducation, la nutrition et la santé, ainsi que sur les compétences professionnelles) peuvent élargir l’accès à un emploi décent et jeter les bases d’un progrès soutenu.»

Le Rapport 2013 met en lumière quatre domaines d’action spécifiques pour maintenir la dynamique du développement. Il s’agit d’encourager l’équité, notamment entre hommes et femmes, d’accroître la représentation et la participation des citoyens, notamment des jeunes, d’affronter les problèmes environnementaux et de gérer les mutations démographiques.