Alors que le pays entier est dans l’attente d’une nouvelle équipe gouvernementale, le président Ali Bongo a promis, au cours d’une allocution le 16 février, un «gouvernement de mission».

Dans un discours à la nation prononcé le 16 février sur la télévision gabonaise, le président gabonais est longuement revenu sur la 28e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), dont le pays a reçu «nombreux témoignages de satisfaction quant à la parfaite organisation (…) à Libreville et à Franceville, avec des infrastructures de qualité sur les plans sportif, hôtelier, sanitaire, du transport, des facilités de communication et de toutes les commodités offertes».

Mais surtout, le chef de l’État gabonais s’est prononcé SUR le prochain gouvernement, suite à la démission du Premier ministre Paul Biyoghé Mba, «conformément à nos traditions républicaines», selon le mot d’Ali Bongo qui procédera dans les prochains jours à la nomination du Premier ministre. Celui-ci lui proposera la formation d’un nouveau gouvernement. «Ce sera un gouvernement de mission, un gouvernement d’accélération de la réalisation des objectifs que nous nous sommes fixés dans notre marche vers l’émergence», a indiqué le chef de l’État gabonais.

«Le nouveau gouvernement nous fournira l’opportunité d’améliorer la structure du gouvernement, en tirant toutes les leçons des forces et insuffisances constatées durant les deux premières années de ce mandat», a affirmé le président de la République.

Pour Ali Bongo, il est plus que temps de «passer aujourd’hui à une vitesse supérieure dans le rythme d’exécution des programmes gouvernementaux». De ce fait, «le futur gouvernement aura donc pour mission essentielle de traduire dans des actions concrètes, intégrées, visibles et durables, notre vision, nos engagements et nos ambitions pour notre pays», a conclu le président gabonais.

Si l’incertitude plane toujours autour de l’identité du N°2 gabonais, les observateurs pensent qu’il n’y aura pas, en revanche, de grand chamboulement au niveau de l’équipe gouvernementale. D’aucuns pensent que le futur Premier ministre, quel qu’il soit, travaillera en majorité avec l’équipe sortante. Dans ce cas de figure, comment Ali Bongo poussera-t-il les «mêmes» à se surpasser pour enfin «passer à la vitesse supérieure dans le rythme d’exécution des programmes gouvernementaux» ?

Dans la rue, tout le monde veut y croire pourtant, même si un certain scepticisme est de rigueur. Après deux années de promesses et d’efforts prescrits à la population, il semble que cette fois-ci, plus que jamais, le futur gouvernement va devoir prouver sa compétence et son efficacité s’il ne veut pas avoir à gérer la grogne de ses concitoyens…