Freddy Koula est journaliste pour Canal+. Il couvre la Tropicale Amissa Bongo cette année pour Canal +d’Afrique et Canal+ Sport. Son bilan de la compétition qui s’achève.

Freddy Koula, le 5 mars 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Gabonreview : La Tropicale n’est pas une nouvelle expérience vous ?

Non, certainement pas. C’est ma deuxième expérience. L’année dernière j’étais le petit nouveau de la Tropicale, qui s’occupait des réseaux sociaux. Ce qui m’a permis, grâce à Benjamin Burlot, d’avoir des contacts avec les professionnels. Il m’avait notamment conseiller de venir sur la Tropicale pour apprendre et comprendre comment les équipes de Canal+ et de RFI se comportaient sur le terrain. Après quelques chroniques sur l’émission «Talents d’Afrique», et après avoir passé un stage en France, grâce aux Sambas professionnels de Josiane Maténé, Canal+ m’a donné la chance d’être le journaliste qui présentera les émissions quotidiennes de la Tropicale cette année. C’est une nouvelle et belle expérience qui, j’espère, se renouvellera pour la prochaine édition. C’est juste extraordinaire ce qu’on vit sur la Tropicale.

Quel bilan feriez-vous de cette 12e édition de la Tropicale ?

C’est un bilan en deux points : sur le plan structurel et organisationnel, et un bilan sportif que je ferai. Sur le plan organisationnel, c’est une édition qui vient juste après la Coupe d’Afrique des nations de football ; ça a donc été extrêmement difficile, aussi bien émotionnellement que financièrement. Ça a d’ailleurs commencé un peu timidement sur le plan de la mobilisation, ce qui était prévisible. De même, il y a eu quelques problèmes logistiques mais hormis cela, je tire mon chapeau à l’organisation, parce que ce n’était pas évident. C’est même un exploit d’avoir organisé cette édition.

Sur le plan sportif, le Gabon n’ayant pas participé, je pense qu’il y a malheureusement un corolaire à faire sur le plan financier, parce que les cyclistes gabonais n’ont pas été satisfaits dans ce domaine. Ils n’ont pas participé à cette 12e édition, ils ont donné leurs raisons. Sur le plan continental, on a eu la chance d’avoir des équipes africaines qui ont poussé à bout les équipes professionnelles, qui sont arrivées en grande forme, d’autant que cette année, ce n’est pas la Tropicale Amissa Bongo qui a ouvert la saison cycliste. Mention spéciale à l’équipe du Maroc qui, depuis le début de la compétition a réussi à se maintenir dans le top 10, en ayant placé des coureurs dans les échappées, et des Erythréens, comme chaque année, ont encore sorti des pépites. Ils ont notamment été toujours présents dans les trois premières étapes. Malheureusement le Sénégal et le Burkina Faso ont eu beaucoup de difficultés techniques ; ce qui montre qu’il y a encore du chemin à faire pour certaines équipes ? On sent vraiment que la Tropicale est un tremplin pour les équipes amateurs.

A quelques minutes de la fin, s’il fallait miser sur une équipe, ce sera laquelle ?

Il n’y aura pas de grandes surprises pour ce dernier tour, à moins qu’il y ait une catastrophe, parce que, depuis l’avant dernière étape, Direct Energie, qui a réussi à prendre le lead sur l’étape Lambaréné-Kango, a parfaitement maîtrisé la course entre Akanda et Libreville. Elle a géré les courses et les dangers potentiels. Je pense que Direct Energie aura naturellement le maillot jaune. Et comme je le disais précédemment, il y a une équipe africaine, le Maroc, qui s’est distinguée. Je crois qu’avec l’avance de 8 minutes qu’elle a, elle aura certainement le maillot de la meilleure équipe, non seulement de la 12e édition, mais aussi et surtout de la meilleure équipe africaine.

Et si on vous demandait de miser sur un cycliste…

Ce serait Yohann Gène, parce qu’il a réussi à renverser la tendance. Pourtant, il n’était pas forcément dans le viseur lors des deux premières étapes. Ils ont su piéger les amis de Direct Energie, notamment Delko et Minsk. Yoann Gène est absolument protégé et choyé par ses coéquipiers. Il sera donc le grand vainqueur de cette édition après celle de 2013.

Quand on parle de Yohann Gène, on pense à l’entraîneur Jean-René Bernaudeau, avez-vous une opinion sur ce coach ?

Oui, et une très belle opinion. Moi, qui apprends le cyclisme, j’ai appris à reconnaître ceux qui sont dévoués au cyclisme, et c’est forcément des gens qu’on regarde avec admiration. Le travail fait par M. Bernaudeau est juste phénoménal. C’est une équipe créée par lui-même ? Il a parcouru du chemin depuis Bonjour à Europe Car. Il pousse les cyclistes vers le haut, et prend très au sérieux la Tropicale chaque année, au point que son équipe, Direct Energie, est considérée comme le mastodonte de cette Tropicale. Sur 11 participations, elle en a gagné 10. C’est un exploit et Jean-René Bernaudeau est un grand monsieur.