Faut-il abandonner le Gabon à «une association AJEV-PDG, qui ne se gênera pas pour gouverner sans loi. Ou décider ensemble d’offrir au camp du peuple, une trajectoire jusqu’à l’horizon 2023 ?» Telle est l’interrogation essentielle d’Abraham Akwoue*, diplômé de l’Université Montpellier-2, à travers la tribune libre suivante.

«Aux urnes Citoyens !» © FreeImages.com

 

*Abraham Akwoue, DEA en Electronique des Composants et Systèmes de l’Université Montpellier-2, citoyen engagé. © D.R.

Nous sommes face à deux choix : la capitulation ou la marche à pas constant vers la libération du Gabon.

La capitulation consisterait à renoncer aux élections législatives, à renoncer à toutes les élections intermédiaires, à renoncer à avoir une tribune pour notre camp, laisser à l’AJEV-PDG le soin de designer 143 députés et de gouverner dans l’arbitraire à coup de décrets et en dehors de la loi, à nier nos droits en tant que Citoyens de ce pays, et enfin leur laisser le choix de designer les nouveaux membres de la cour constitutionnelle. Le résultat est connu d’avance : à l’horizon 2023 notre camp partira encore de zéro, sans socle populaire reconnu, sans relais d’opinion, sans représentant au CGE, sans influence à la cour constitutionnelle, et sans relais dans l’appareil d’État…mais appelant le peuple à aller à l’élection présidentielle…autant le dire tout net, aller une de fois de plus, une fois de trop, à l’échec programmé !

L’option de la marche à pas constant vers la libération du Gabon est la voie que nous vous proposons. Elle comprend deux étapes, et deux leviers qui serviront de boussole l’une pour l’autre, à savoir :

  • Les victoires d’étape
  • Former les citoyens à la prise en main de leur destin lors de l’assaut final.

Pour ne pas donner des billes à nos adversaires, nous analyserons ici uniquement la première voie, celle des victoires d’étape.

Les victoires d’étape consistent à occuper tout l’espace public et institutionnel que la loi nous permet, à savoir : le Centre Gabonais des Elections, l’Assemblée Nationale, le SENAT, les Conseils Municipaux et Départementaux, les corps constitués comme le CND, CNC, le CES, etc…

Et la première des victoires d’étape est de transformer notre essai du 27 Août 2016 en une victoire claire et populaire aux prochaines élections législatives. Car rappelons-le, gagner la majorité des sièges à l’Assemblée nationale se traduirait par :

  • La possibilité de diriger le gouvernement et diriger l’appareil d’État jusqu’en 2023
  • Nommer les prochains juges de la cour constitutionnelle pour enfin rééquilibrer la ‘tour de Pise’.
  • Régler le contentieux, au moins du point de vue du droit, des nombreuses morts et disparitions de nos frères citoyens tombés au soir du 31 Août 2016, au travers des commissions d’enquêtes parlementaires que nous diligenterons.

Au fond, le choix que nous devons faire est fort simple. Il s’agit de décider ensemble si nous voulons abandonner notre pays a une association AJEV-PDG, qui ne se gênera pas pour gouverner sans loi. Ou décider ensemble d’offrir à notre camp, le camp du peuple, une trajectoire jusqu’à l’horizon 2023.

Oui, notre chemin, le chemin pour notre camp, le camp du peuple, du progrès et du changement a commencé avec la candidature unique de Jean Ping en Août 2016. L’élection présidentielle du 27 Août 2016 n’était qu’une étape, certes très importante, mais une étape. Parce que l’horizon final est quand même celui de retrouver notre pays uni autour des valeurs fondatrices que sont l’union, le travail et la justice ; un pays prospère, fort, confiant dans ses capacités, à l’abri de la peur et du besoin, un pays prêt à offrir à tous ses enfants les moyens de se déployer, chacun dans son domaine et selon ses capacités.

La trajectoire que nous proposons pour notre camp est donc celle-ci :

  • Confirmer notre victoire d’Août 2016 à travers les 143 circonscriptions de député.
  • Conduire notre Coalition à diriger le gouvernement, et rétablir l’État social partout sur le territoire, avec ses infrastructures de base (écoles, hôpitaux, routes, emploi, solidarité), et impulser une politique qui profite enfin au plus grand nombre.
  • Accentuer notre victoire aux élections locales et sénatoriales de mi-mandat, afin qu’au plus près de nos communes et de nos départements, chaque citoyen gabonais sache que le conseiller municipal, le maire, le sénateur est à son service, et non l’inverse, comme on nous le fait croire depuis plus de 50 ans.
  • Nommer au moins trois (3) des membres de la cour constitutionnelle.
  • Faire la démonstration de notre capacité à diriger le pays et rétablir la confiance des citoyens à l’égard des élites politiques.
  • Et enfin, porter l’assaut final en 2023, en permettant à celui ou celle d’entre nous qui sera en capacité d’incarner l’union d’accéder à la présidence, et écrire l’an zéro de la Nouvelle République.

Voilà, chers amis, l’horizon qu’ensemble nous pouvons dégager pour notre pays, pour notre camp, et pour les générations futures.

Aucun parti, pas même le parti historique et désormais minoritaire (PDG-AJEV) ne peut y arriver seul. C’est la raison pour laquelle la prouesse de notre Coalition depuis 2016 est inédite dans le paysage politique de notre pays, et c’est la raison pour laquelle la Coalition pour la Nouvelle République doit être défendue et consolidée.

C’est aussi pour cette raison que le PDG-AJEV continue, sans répit, de débaucher dans notre camp. Ainsi reconnaissent-ils la position inédite et de premier plan de notre Coalition sur l’échiquier politique national. Ils reconnaissent de fait que notre socle idéologique dépasse les arrangements d’arrière-boutique qui se font régulièrement entre le PDG et ses affidés…

La purge et le nettoyage d’écuries qui a lieu actuellement au sein des partis de la Coalition (RHM, US) est salutaire à plus d’un titre. Car ce qui tue la démocratie c’est lorsqu’il n’y a plus ni majorité ni opposition, lorsqu’il n’y a plus de socle idéologique clair entre chaque camp. Or nous revendiquons une différence, une différence a trois (3) niveaux :

-les valeurs : nous sommes pour le rejet de la peur et de l’arbitraire, et nous voulons l’abondance pour le plus grand nombre. Nous voulons un peuple éduqué, capable d’élire et de démettre ses représentants librement.  Eux n’en veulent pas ! Préférant des sujets, au mieux, des supporters, au lieu de citoyens.

-les méthodes : nous coalisons nos efforts, au-delà de nos différences, et nous fondons notre union sur les idéaux de progrès et de solidarité ; eux ils se fondent sur l’argent pour acheter le ralliement et le silence des autres partis autour du PDG-AJEV.

-les hommes : nous reconnaissons à chaque gabonais le droit d’être utile pour son pays, et nous posons le mérite comme critère pour exercer les plus hautes responsabilités ; eux ils croient être une race d’élus qui a reçu le Gabon comme un héritage de leurs parents.

C’est donc sur la base de nos différences et de la morale, que les Moukagni, Menga, Mbadinga et autres Estelle Ondo sont invités à aller se courber à la soupe, et à laisser à la Coalition le soin de parler en son nom, et de parler aux gabonais.

A ceux de notre camp qui prônent le boycott, pour louable et défendable que soit cette position, elle se heurtera à la réalité des élections présidentielles de 2023… Sauf à considérer que nous boycotterons aussi 2023, auquel cas, disons-le tout net, nous abandonnons notre statut de citoyen, et acceptons l’idée d’une monarchie, ou le roi fainéant n’aura plus aucun contre-pouvoir, et nous deviendrons le néant.

Cette position rejoint d’ailleurs celle du système Bongo-PDG qui refuse d’aller aux élections législatives depuis 2 ans, parce que de fait leur défaite est quasi certaine (rappelons que notre coalition l’a remporté en Août 2016, dans 6 provinces sur 9 et la grande majorité des circonscriptions législatives actuelles). Sinon, comment comprendre l’acharnement du système à réduire drastiquement les pouvoirs de l’Assemblée Nationale et du Gouvernement, au profit de la Présidence de la République et des agences qui lui sont rattachées.

Au fond une seule question subsiste : allons-nous abandonner notre pays aux mains du régime putschiste ? Ou acceptons-nous la mission de notre génération, qui est celle de libérer notre pays de la tyrannie ?

Et pour conclure, au-delà des différences partisanes, disons-le entre nous, l’assemblée nationale est une vitrine de la vitalité démocratique d’un pays. Une assemblée nationale avec des députés de qualité et compétents est un gage de crédibilité même pour les bailleurs de fonds internationaux… Vous voyez l’allure que ça aurait, une assemblée nationale avec des Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Dr. Minault Zima-Ebeyard, Paul Marie Gondjout, Ange Kevin Nzigou, Elza Boukandou, Paul Nicolas Nguema, Victorine Tchicot, Mesmin Wada, Edgar Ovono, Flavienne Adiahenot…C’est quand même plus sérieux que l’assemblée monocolore et inexistante que l’AJEV-PDG veut nous imposer.

Allez, aux urnes, Citoyens !

Abraham Akwoue, DEA en Electronique des Composants et Systèmes de l’Université Montpellier-2, citoyen engagé.