La grande pluie qui s’est abattue en milieu de semaine dernière sur la ville de Makokou, chef-lieu de la province de l’Ogooué-Ivindo, pendant une demi-heure seulement, a mis au grand jour l’état de vétusté du bâtiment qui abrite le tribunal de première instance de cette localité. 

Le tribunal de première instance de Makokou, un bâtiment d’un autre âge qui nécessite d’être remplacé. © Gabonreview/Louis Mbourou

 

Dans le hall du tribunal, les justiciables avaient les pieds dans l’eau ; la salle d’audience n’a pas été épargnée par les eaux qui s’infiltrent dans le bâtiment par des fissures au niveau de la toiture et des murs. © Gabonreview/Louis Mbourou

Outre son exiguïté, la bâtisse qui date d’une «autre époque», présente aujourd’hui des défaillances au niveau de son ossature. Les problèmes d’étanchéité s’y posent avec acuité, tant au niveau de la toiture que des murs qui présentent aujourd’hui des fissures. C’est dire que le bâtiment pose maintenant un problème de sécurité tant pour ses occupants que pour les précieux documents qui s’y trouvent. Lors de la dernière averse observée, fort heureusement pendant des heures ouvrées, le hall du tribunal, la salle d’audience et plusieurs bureaux ont été envahis par les eaux. Magistrats et greffiers qui se trouvaient dans le bâtiment à ce moment-là ont eu fort à faire pour mettre à l’abri toges et dossiers. «Heureusement que cette grande pluie est tombée au moment où tout le monde était au travail. Si c’était en soirée ou un jour férié, on aurait simplement constaté les dégâts», raconte un greffier.

Cette situation n’est hélas pas la première qui dévoile les conditions exécrables de travail du personnel du tribunal de première instance de Makokou. Et l’amélioration de ces conditions passe nécessairement par la construction d’un nouveau bâtiment offrant la sécurité et le confort nécessaires pour ses usagers. «On comprend bien que lorsque le syndicat demande de meilleures conditions de travail, il est bien au fait des réalités difficiles, surtout à l’intérieur du pays où les bâtiments abritant des juridictions sont dans un état de vétusté notoire. Quand on veut de meilleurs résultats, il faut bien penser au cadre de travail qui est, cela va sans dire, un élément fondamental pour atteindre cet objectif», commente un membre du Syndicat national des magistrats (Synamag). Lors de sa visite, il y a deux mois, au sein du tribunal de Makokou, le ministre de la Justice, Alexis Boutamba, a pu toucher du doigt les réalités difficiles auxquels sont confrontés au quotidien ses collaborateurs. Ces derniers attendent donc que des actes soient posés afin de les sortir de cet enfer.