Si le gouvernement n’annule pas la mesure d’augmentation du prix du carburant à la pompe, les taximen affiliés au Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (Syltteg) pourraient bientôt engager un mouvement d’humeur.

Le Syltteg annonce une pénurie de taxis si la hausse du prix du carburant n’est pas annulée. © REUTERS/Mike Hutchings

 

Une pénurie de taxis en ces temps pluvieux n’arrangerait ni les élèves qui bouclent actuellement leur fin de premier trimestre ni les agents de l’administration publique et privée à qui davantage d’efforts sont demandés en temps de crise économique. Pourtant, c’est bien d’«une pause de protestation» puis d’un mouvement d’humeur aux «conséquences inquiétantes» que le Syltteg a récemment menacé le gouvernement. La cause ? La hausse du prix du carburant à la pompe. Cette nouvelle hausse, la deuxième en moins d’un mois, les transporteurs suburbains exigent qu’elle soit annulée par le gouvernement qui l’a instituée le 1er décembre, via la commission nationale des prix des produits pétroliers.

Pour Jean Robert Menie qui l’a «fermement» dénoncé, cette nouvelle hausse apparaît pour les transporteurs terrestres comme une «augmentation nocturne», en cela que celle-ci, comme la précédente, n’ont pas toujours été justifiées par les autorités et ont rarement été précédées d’une campagne de communication. «Alors que le prix du baril du pétrole semble se stabiliser, comment comprendre que l’absence d’une subvention puisse conduire à une augmentation pratiquement tous les mois ? Si la donne semble être l’application du mécanisme d’indexation, qu’on publie la structure des coûts, pour qu’on voie à l’intérieur de cette structure la rubrique qui augmente toutes les semaines, et qui conduit à ces hausses continuelles», a exigé le président du Syltteg, le 9 décembre à Libreville.

Au Syltteg, où l’on exige du gouvernement qu’il annule sa mesure au plus tard le samedi 19 décembre prochain, on a plutôt le sentiment que «c’est l’Etat qui augmente de manière drastique sa part de revenus sur les ventes du carburant, dans sa quête permanente de niches d’argent».

De 590 francs CFA, le prix réseau (stations-service) du litre d’essence a été porté à 605 francs, soit une augmentation de 15 francs. Le prix du litre de gasoil à la pompe est, lui, passé de 520 francs à 540 francs, soit une augmentation de 20 francs.